De la prospective à s’enrichir demain

Cet article fait suite à la vidéo-conférence qui y est proposée (ci-dessous). Visionnez la, elle pourrait répondre à quelques incompréhensions concernant l’entendement de ce texte.

La prospective, est l’approche qui vise dans une démarche à la fois rationnelle et holistique à se préparer aujourd’hui à demain.
Depuis la seconde guerre mondiale, la prospective est devenue un métier. Néanmoins, on peut se demander si les décisions importantes ont été inspirées par des études prospectives ou par d’autres considérations. Sans même parler d’études, puisque tous les décideurs ont une perception instinctive des enjeux. La question est : quelles sont les « visions du monde » qui les ont guidées ?

En observant quelques séquences historiques, il semble que la transition de la civilisation industrielle à la civilisation cognitive ait commencé dans leurs esprits après la première guerre mondiale. Néanmoins, le fait que le déploiement des études prospectives ait eu lieu, leur faculté d’anticipation a été prise en défaut. Ce qui interroge sur les nombreuses crises économiques et les conflits sans issue qui ont parsemés le dernier siècle.

La question que cette conférence pose est la suivante : comment se fait-il qu’une civilisation si équipée en moyens d’information et de calcul, avec sa fluidité des échanges et ses facilités monétaires, soit si proche d’un scénario d’effondrement ?

Il y a, au sens de l’auteur, Thierry Gaudin, une cause centrale qui sera le sujet de l’exposé et du débat.

Quelles prospectives sont à l’origine des décisions du XXe siècle ?

 

        Les grandes évolutions du XXe siècle préparant le passage à la civilisation cognitive, ont été déclenchées par des personnages peu ou mal connus, en fonction de motivations logiques. Cette conférence vidéo, de décembre 2014, propose une lecture de ce que fut la prospective souvent implicite de ces décideurs.

L’analyse que tente de tirer les protagonistes de cette conférence, lors du dialogue de la seconde partie, réside dans toute l’importance de l’outil monétaire.

En effet, celui-ci est central quant au développement de la technique et des différents événements des siècles passés, présents mais aussi ceux à venir.

Dans un tout autre ordre et toujours dans une approche prospective, l’observation de la technique, à ce jour, offre des perspectives d’une autre dimension, particulièrement en ce qui concerne l’outil monétaire et son évolution.

Afin d’établir quelques éléments de cadre à la question qui est posée en conclusion de cette vidéo-conférence, « Est-ce que la création de monnaie ne devrait pas évoluer ? ». Il est utile de déterminer à la fois ce qu’est l’outil monétaire actuel mais aussi, ce qu’offre en partie, la technique aujourd’hui.

Ainsi, l’outil monétaire, que nous utilisons tous les jours partout dans le monde pour effectuer des échanges, est construit sur le principe de l’endettement. C’est-à-dire, que le système monétaire, aujourd’hui aux mains des banques privées, crée de la monnaie en échange d’une promesse de remboursement. C’est un transfère qui s’opère à partir d’une simple écriture comptable lors d’une demande d’emprunt à une banque. La monnaie prêtée est créée à partir de rien, en latin « ex nihilo », elle n’existe nulle part ailleurs avant qu’elle soit créditée à un débiteur. Au fur et à mesure des remboursements, la monnaie qui fut créée, est détruite. Déjà, à partir de ce simple exposé de la création monétaire, il est possible de poser les réflexions suivantes :

Puisque, la monnaie est créée à partir de rien, en échange d’une promesse de remboursement, peut-on déduire qu’elle est d’abord un instrument de subordination à celui ou à ceux qui ont pouvoir de créer la monnaie ?

Attendu que l’organisation du système monétaire nécessite le remboursement de la monnaie qui a été empruntée afin qu’il puisse fonctionner, qu’il est de fait assujettit à la capacité d’acquittement du débiteur, le système monétaire pose la question suivante : Favorise-t-il exclusivement la rentabilité sur les prêts qu’il accorde ?

Si, le système monétaire, créant de la monnaie dette, est d’abord un instrument de domination et que le remboursement qu’il réclame dépend de la rentabilité des emprunteurs, quels qu’ils soient, est-il envisageable d’imaginer que le système monétaire dans l’état actuel des choses, facilite plutôt l’irraisonnable dans les choix de développement de nos sociétés ?

Avec ces réflexions et pour se limiter au cadre de la question concluant la vidéo conférence, il n’est pas nécessaire d’aller plus loin dans l’exposé du système de la création monétaire même s’il est vivement recommandé de développer cette connaissance auprès des citoyens. Comme disait l’industriel Henry Ford « Si la population comprenait le système bancaire, je crois qu’il y aurait une révolution avant demain matin. » (Source)

        Pour continuer à développer la prospective liée à la question, « Est-ce que la création de monnaie ne devrait pas évoluer ? » Il est utile de déterminer ce qu’offre à ce jour la technique, sans pour autant l’aborder de manière large. Un point crucial du développement technologique, qui participe aussi à l’hégémonie de la civilisation cognitive, est Internet. Celui-ci, est un outil qui relie tous les individus aux travers de flux d’informations et de machines. Cette hyper connectivité est critiquable à bien des égards, mais dans cette approche prospective accès sur la création monétaire, intéressons-nous à ce qui se développe d’un point de vue technique.

Sans nul doute, Internet facilite d’ors et déjà les échanges monétaires sous l’égide du système existant et décrit précédemment. En revanche, ce que l’on sait moins c’est qu’il permet aussi la création et les échanges d’autres formes de monnaies. On y retrouve des monnaies, créées et échangées, indexées sur le système monétaire conventionnel comme les points fidélités des hypermarchés du type carrefour, Leclerc, ou de différents sites internet marchands, etc… De plus, on y trouve aussi des monnaies créées à partir du fonctionnement d’internet, et là encore, adossé au système monétaire existant, comme le bitcoin. A l’image des monnaies locales et parfois complémentaires qui sont abordées dans la vidéo-conférence, ce sont des outils qui répondent à des objectifs. Soit dans une dynamique de relocalisation d’une zone économique, soit dans des approches objectives variées mais toujours indexées dans le système monétaire actuel, celui qui créerait de la subordination et favoriserait l’irraisonnable de décision.

En revanche, toujours d’un point de vue technique, il émerge aussi sur Internet, une toute autre définition systémique de ce qu’est la monnaie, pensée et raisonnée à la racine. Il s’agit d’une monnaie qui est uniformément distribuée sous la forme d’un dividende universel, entre des individus. Chacun en reçoit une part égale. Ce principe monétaire est formalisé dans un ouvrage Théorie Relative de la Monnaie de Stéphane Laborde. Il développe le concept de monnaie libre en établissant qu’aucun individu membre du système monétaire ne doit être privilégié devant la création monétaire. Le logiciel libre, uCoin lancé par Cédric Moreau (aka cgeek) au travers du projet OpenUDC, permet la mise en place du concept, de stocker les informations relatives à la monnaie et les transactions. En sus, un logiciel client CuteCoin est mis à disposition de l’utilisateur pour pouvoir ouvrir un compte et effectuer des transactions. Aujourd’hui, ce système monétaire qui pourrait être qualifié de monnaie positive, à l’inverse de la monnaie dette, est en cours de déploiement par une équipe de volontaires essentiellement francophones.

Imaginez l’usage d’un système monétaire qui inclut dans sa racine technique une équité de distribution de la monnaie. L’impact sur nos modèles de sociétés serait tout autre. Puisque nous n’aurions plus besoin, exclusivement, de chercher de la monnaie pour qu’elle puisse être remboursée directement ou indirectement à son émetteur et, que nous serions créateurs et détenteurs de la monnaie, nous serons à-mêmes de raisonner individuellement et collectivement aux desseins communs.

De plus, ce qu’offre la perspective de cette monnaie libre au-delà de son utilisation propre, sont les principes de liberté du choix du système monétaire (la monnaie ne s’impose pas), de liberté d’utilisation des ressources (économiques et monétaires), de liberté d’estimation et de production de toute valeur (un principe de relativité économique, fondement de la TRM), de liberté d’échanger dans la monnaie (afficher, comptabiliser, transférer dans l’unité monétaire choisie). Ce qui implique le potentiel, d’instruire différentes monnaies libres comme des vecteurs de valeurs philosophiques ou morales participant à façonner la société.

En outre, la technique étant accessible, même si pour le moment elle nécessite quelques connaissances informatiques et en anglais, il n’est pas nécessaire d’attendre la promulgation officielle de ce nouveau système monétaire. Dès aujourd’hui, quiconque souhaite faire partie de cette aventure et changer de système monétaire peut intégrer les réseaux qui l’organisent.

          En conclusion et en réponse à la question « Est-ce que la création de monnaie ne devrait pas évoluer ? » il est possible de dire qu’elle évolue déjà sous l’égide indépendante de citoyens et de la participation.

Pensez-vous qu’il est temps pour vous d’agir en votre nom pour faire évoluer la création de monnaie ?

Le 4, 5, 6, 7 juin prochain, à Montreuil (93) / France, aura lieu les 5eme Rencontres des Monnaies Libres. Plus d’information et le programme ici.

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1 Commentaire
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