Élire ou s’abstenir ? Le piège du système électoral

À chaque élection, nous avons la même musique qui tourne en boucle. Il va falloir faire notre devoir de citoyen, il va falloir encore une fois jouer à ce « jeu », que l’on soit pour ou contre il faudra y jouer. Et comme à chaque élection, une grande partie des citoyens ne veulent plus jouer à ce jeu, soit parce qu’ils n’y voient pas d’intérêt, soit parce qu’ils n’y croient plus ou parce qu’ils veulent exprimer leur mécontentement, leur opposition. Et nous pouvons le comprendre.

Les années d’élections n’ont pas vraiment changé les choses, nous voyons que les problèmes vont de mal en pis. En règle générale s’en suivent des débats interminables entre les électeurs et les abstentionnistes, le marché à la foire d’empoigne ouvre ses portes, chacun y va avec entrain et enthousiasme, les noms d’oiseaux fusent à une vitesse supraluminique et on adore ça. Mais personne n’est vraiment capable d’apporter de réponses convenables une fois pour toutes. Alors, doit-on voter pour des maîtres ou nous abstenir sans pour autant apporter de solutions concrètes ? Question cornélienne… Réponse Orwellienne ?

En y réfléchissant après de longs débats animés et épuisants, je me suis rendu compte d’une chose, peu importe le positionnement que nous prenions, nous étions perdant. Que l’on soit électeur ou abstentionniste, il y a de fortes probabilités que le résultat ne soit pas celui escompté. Du rôle de l’électeur FN à celui de l’abstentionniste militant, je vais « essayer » de donner une interprétation de la chose en décortiquant les différents mécanismes qui entrent en jeu dans le système électoral et pour quelle raison il est selon moi, un piège institutionnel. Voilà, c’est dit, ne m’incendiez pas tout de suite s’il vous plaît, le pire reste à venir.

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Le suffrage universel et la représentation

Le suffrage universel est un élément d’émancipation pour certains, un mécanisme de soumission pour d’autres. Pouvons-nous trouver un entredeux ? En y réfléchissant il n’est pas faux de dire qu’il est certainement moins rigide et préférable à certains régimes plus autoritaires et dictatoriaux, mais d’un autre côté il est aussi vrai de dire qu’il n’est pas une finalité en soi et doit donc être critiqué (comme toute création humaine). Seulement, voilà, critiquer le suffrage universel, c’est selon certains équivalent à critiquer la « démocratie ». Selon d’autres c’est avant tout dénoncer un outil qui est anti-démocratique, voir aristocratique. Sacré dilemme !

Historiquement, le suffrage universel aurait été un moyen des possédants pour légitimer leur pouvoir et ainsi contribuer au maintien des structures économiques et sociales à leur avantage [1]. Une célèbre citation de l’abbé Sieyès résume relativement bien le positionnement de certains partisans de la représentativité de l’époque : « Les citoyens qui se nomment des représentants renoncent et doivent renoncer à faire eux-mêmes la loi ; ils n’ont pas de volonté particulière à imposer. S’ils dictaient des volontés, la France ne serait plus cet État représentatif ; ce serait un État démocratique. Le peuple, je le répète, dans un pays qui n’est pas une démocratie (et la France ne saurait l’être), le peuple ne peut parler, ne peut agir que par ses représentants. » [2]

ou encore Voltaire disant ceci : «L’esprit d’une nation réside toujours dans le petit nombre qui fait travailler le grand, est nourri par lui, et le gouverne.» [3]

D’autres contestaient le principe de représentation, considérant celui-ci comme étant un élément fondamental d’un régime aristocratique et non démocratique. Montesquieu le formulait de cette manière : «Le suffrage par le sort est de la nature de la démocratie ; le suffrage par le choix est de celle de l’aristocratie. Le sort est une façon d’élire qui n’afflige personne; il laisse à chaque citoyen une espérance raisonnable de servir sa patrie.» [4]

Et voici ce qu’en pensait Rousseau : «Je dis seulement les raisons pourquoi les peuples modernes qui se croient libres ont des représentants, et pourquoi les peuples anciens n’en avaient pas. Quoi qu’il en soit, à l’instant qu’un peuple se donne des représentants, il n’est plus libre ; il n’est plus.» [5]

Quoi qu’il en soit, ce débat est toujours d’actualité, je vais donc vous proposer une vision de la chose qui risque de faire grincer certaines dents. Ceci étant, il faut garder en tête que cela n’est pas une vérité, mais un point de vue, donc forcément incomplet et critiquable. Bon, je me lance.

 

1 – Le clivage et l’ennemi

Il y a les bons et les mauvais partis, ceux qui sont respectables et ceux qui ne le sont pas. Il y a aussi le clivage, c’est-à-dire la gauche et la droite, ça ne vous rappelle rien ? Les gentils, les méchants, les ennemis, choisis ton camp… Tout ça, tout ça. Bref, comme dans tout bon jeu qui se respecte il va falloir choisir son camp et son poulain… son candidat, pardon. Seulement, voilà, beaucoup d’entre nous ayant joué quelques années à ce jeu commençons à le trouver de moins en moins rigolo, voire de plus en plus agaçant. Au point que certaines personnes décident de ne plus choisir de camp et d’arrêter le jeu, ce qui est compréhensible. Bien sûr, si vous ne comprenez pas je vais quand même faire l’effort pour tenter d’expliquer leur geste inconsidéré et irresponsable.

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2 – Le sentiment d’inutilité

Les années passent, les choses changent, mais bien souvent toujours dans le même sens. Les présidents passent les uns après les autres et nous voyons bien que la situation empire chaque année. Que cela soit sur le plan social, de l’environnement, des problèmes de ressources, des guerres, des déplacements de populations, des inégalités sociales, du système économique aliénant, etc. Le capitalisme détruit tout sur son passage et il faudrait être planqué quelque part au pôle Sud pour ne pas s’en apercevoir. Que dis-je, il faudrait se trouver à l’Élysée pour ne pas s’en apercevoir.

Cette lassitude créée par le fait de ne rien voir changer dégoute une bonne partie des citoyens et à juste titre.[6] Sans parler de tous les abus qui (on ne sait par quel miracle) finissent toujours par éclabousser les dirigeants politiques : magouilles, conflits d’intérêts, mensonges éhontés, manipulations et autres entourloupes sont devenus presque acceptables, car ce sont des politiciens, ils ont quand même le droit de tricher un peu, non ? Enfin bon, ils nous en font voir de toutes les couleurs, à croire qu’ils ne croyaient pas ce qu’ils disaient au moment des campagnes électorales. Sommes-nous naïfs à ce point pour nous faire duper à chaque fois ?

Certains pensent que oui et d’autres que non. Certains électeurs pourraient même rétorquer qu’au final, il n’y a pas d’alternatives, il faut donc aller voter, car c’est notre seule solution.

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3 – La seule possibilité

Là ça devient intéressant. En effet, l’élection est l’élément incontournable du régime représentatif, je dirais même le seul (avec le référendum) qui peut être assimilable à une « participation » du peuple à la vie politique de son pays. Or, cette possibilité ne peut être contestée, car pour le moment, il n’y en a pas d’autre et c’est là où le système est relativement bien ficelé. Il ne permet pas une remise en question de celui-ci, il s’agit en quelque sorte d’un magnifique « piège » pour cantonner le peuple dans une illusion de la participation, dans une illusion du choix. Et ceux qui s’y opposent n’ont d’autres choix que ne pas y participer, c’est à dire, de ne rien faire. Pour faire simple, je vais prendre un exemple plus parlant.

Imaginez. Un jour vous apprenez qu’à partir du lendemain vous serez mis sous tutelle (alors que vous êtes adulte et en total possession de vos moyens intellectuels et physiques). Cette tutelle devra décider de toutes vos activités et vous n’aurez pas le choix. En revanche vous pourrez choisir cette tutelle parmi un certain nombre de tuteurs. Chaque tuteurs vous vante et (vende) leurs mérites afin d’attirer votre dévolu sur l’un d’eux. Seulement, voilà, vous n’avez pas envie d’être sous tutelle, cela ne vous intéresse pas, vous désirez avoir une vie libre et indépendante mais ce choix n’est pas disponible. Donc choisir un tuteur n’a aucun sens pour vous, c’est même pire que ça, cette illusion du choix est un véritable piège pour vous. Et c’est en ça que le suffrage universel tel qu’il est proposé aujourd’hui n’est pas comparable à un instrument d’émancipation des peuples, mais de domination des peuples. Car nous n’avons pas le choix !

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Vu comme cela, il est donc logique d’observer que certains électeurs, préfèrent nourrir le gros poisson, c’est à dire celui qui aura le plus chance de ne pas trop changer leurs habitudes et en même temps d’être élu.

4 – Le vote utile

Le vote utile c’est un peu le mirage aux alouettes du système électoral, car selon ce principe il faudrait voter contre les pires. Élire les moins pires en quelque sorte. C’est un stratagème qui a du sens dans un système où le pire est considéré comme une réelle menace. Or, n’oublions pas que le vote « utile » s’ancre sur une obligation psychologique de l’électeur de participer à un jeu dont il sait pertinemment que le résultat ne sera pas satisfaisant. C’est une participation par obligation et non par envie ou conviction. Et ce vote est principalement poussé par la PEUR. Avec un énorme P. (Nous en verrons les raisons dans la sixième partie). 

Il incite notamment à proposer comme seule alternative les « gros » partis ayant déjà pignons sur rue et permet d’éclipser les petits qui n’ont absolument aucune chance de parvenir un jour au pouvoir. [7] Il faut considérer ce jeu comme une lutte et dans une lutte, seuls les plus puissants l’emportent. De ce fait, il est logique de considérer cette stratégie comme étant une particularité des « gros » partis voulant assoir leurs dominations et enterrer une fois pour toutes ceux qui ont peut-être une alternative à proposer. Quitte à inciter leurs propres électeurs à voter pour le « gros » parti opposé. [8] Comme quoi le clivage a ses limites…

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5 – Le vote extrême

Le vote pour l’extrême est souvent considéré comme une « défaite » de la « démocratie ». En France, le front national en est le principal représentant, amassant à chaque nouvelle élection les scrutins des électeurs mécontents ou désireux de voir ce parti prendre le pouvoir. La diabolisation du vote extrême en devient même un élément suffisant pour « les faire chier » ou « montrer leur mécontentement de la classe politique », tout un programme.

Évidemment, les extrêmes ne sont pas des solutions miracles qui nous sortiront de la panade dans laquelle notre espèce (hautement avancée) s’est empêtrée. Il faut bien comprendre qu’ils jouent au même jeu en utilisant les mêmes vices, les mêmes mensonges, les mêmes amalgames et au final réussissent tant bien que mal à se faire une bonne publicité dans les médias grand public (à croire qu’ils ne dérangent pas tant que ça finalement). C’est sur ce dernier point que mon attention se porte. En effet, comment se fait-il, que cet « ennemi » (le FN), soit, d’un côté tant critiqué et montré du doigt au point où certains y voient une réincarnation du parti nazi et que d’un autre, soit mit en avant sur toutes les unes de tous les médias grand public… À n’y plus rien comprendre.

Enfin… Si on ne considère pas cela comme un jeu. Parce que si nous considérons cela comme un jeu, il faut alors un « ennemi », envers lequel il sera possible de lutter en s’unissant. Vous savez l’ennemi utile, celui que l’on utilise pour ses propres fins, celui qui nous sert sans qu’il le sache. Quel drôle de jeu tout de même !

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6 – Création de l’ennemi et de son électorat

Il est fort probable (ceci est une interprétation non une vérité) que le vote extrême soit créé de toutes pièces, non pas de manière voulu et intentionnel, mais de manière systémique. Je m’explique, les médias, les politiques, utilisent quotidiennement les mêmes méthodes que ce type de parti pour créer de l’audimat, pour vendre du papier, pour attirer des électeurs, etc. Les mêmes stratégies sont utilisées dans tous les pays pour les mêmes raisons : il faut que le citoyen ait PEUR !

Il faut qu’il soit mort de peur, peur de l’étranger, peur des immigrés qui arrivent par cargo entier, peur du délinquant qui l’attend au coin de sa rue, peur du chômage qui lui pend au nez (s’il ne s’y trouve pas déjà), peur des terroristes qui vont se faire exploser dans son métro, peur des juifs, des musulmans, peur de tout. Et cette peur est principalement véhiculée par les médias de masse et par certains politiciens afin de faire de nous des bêtes paralysées. [9]

Parce qu’un troupeau qui a peur ne réfléchit plus, il n’est plus capable d’utiliser sa raison et de prendre du recul sur les évènements. Il construit son monde autour d’un idéal sécuritaire qui lui permettrait de ne plus avoir peur. Ceci ne date pas d’aujourd’hui et nous le savons bien, pourtant cela marche extrêmement bien, même en connaissance de cause. La peur est donc utilisée de manière manipulatoire partout et par tout le monde et les partis qui misent le plus sur ce genre de manipulations n’ont plus qu’à se baisser pour ramasser les âmes terrorisées.

« L’ennemi » est donc nourri par la peur et la peur est créée par le système. Joli schéma… Mais maintenant vient le bouquet final : la culpabilisation.

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Il faut que les murs tremblent de peur : https://www.youtube.com/watch?v=R4FVlYwTazY

7 – Culpabiliser pour mieux régner

Si « l’ennemi » fait un trop gros score, il faudra trouver un coupable… Tiens, pourquoi pas l’abstentionniste ! Et c’est en ça où le système est extrêmement pervers. En effet, si une grande partie des citoyens ne veulent, pour une raison ou une autre, plus participer à ce jeu. Il faudra alors les culpabiliser en leur faisant comprendre que si « l’ennemi » est si gros c’est à cause d’eux. Qu’ils auraient pu inverser la tendance et rendre cet « ennemi » inopérant. Ingénieux !

Il s’agit de la stratégie de culpabilisation la plus efficace. En effet, il parait logique que si le vote extrême grandit à vu d’œil c’est en parti à cause des personnes ne votant plus pour les « gros » partis (les abstentionnistes). Or, certains sondages démontrent que cela n’est pas aussi simple, voir, dans certains cas, complètement erroné. [10] Selon la légende, tous les citoyens votant à l’extrême le feront systématiquement, car eux sont de fervents électeurs. Seulement, voilà, prendre le problème sous cet angle néglige l’aspect essentiel de cette manipulation grotesque.

Cette analyse néglige en effet les citoyens votant pour « l’ennemi ». Ce qui ne permet pas de comprendre les raisons pour lesquelles ces gens votent pour ce parti (raisons expliquées dans la 6e partie). La culpabilisation est un moyen bien plus efficace de mettre la poussière sous le tapis en prétendant que le citoyen est responsable de la situation et que seul lui peut nous éviter la catastrophe. Et la solution est bien évidemment de voter pour les gros partis !

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8 – Le piège se referme

Par tous ces mécanismes et bien d’autres que j’ai sans doute oublié, l’électeur et l’abstentionniste sont embarqués (malgré eux) dans une mascarade inextricable. L’impossibilité d’obtenir un réel changement par les urnes à cause principalement de la structure du système électoral, de la logique partisane et des mécanismes qui sous-tendent leurs actions. D’autre part, l’inefficacité à court terme de l’abstentionnisme, qui ne propose pas de solution immédiate, crée indéniablement ce qui peut être comparable à un piège aux dimensions systémiques. Malheureusement, nous ne pouvons sortir de cela, nous sommes enrôlés de force dans ce « jeu » peu importe ce que nous faisons ou ce que nous ne faisons pas. Il s’agit d’un système  qui perpétue sa propre utilité dans son caractère illusoire et inextricable.

Enlevez de l’équation « l’ennemi » (c’est-à-dire le FN en l’occurrence) et il est probable que ce système ne tienne plus la route. La peur de l’ennemi enlevé, il n’y aurait plus de raisons suffisantes pour maintenir les citoyens dans le « jeu » et petit à petit ils n’iraient plus élire, car la peur ne guiderait plus leurs choix. De ce fait, « l’ennemi » est l’élément indispensable du système électoral. Au même titre que la peur, le clivage, l’impossibilité pour les petits partis de se faire entendre, etc.

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Conclusion

Pour toutes ces raisons et sans doute pour bien d’autres qui ne me sont pas venus à l’esprit, il est concevable de percevoir ce système comme un piège structurel. Un piège qui est proposé comme un élément d’émancipation des peuples et c’est en cela où la manipulation est (de mon point de vue) extrêmement bien huilée. Peu importe ce que nous choisissons (l’élection ou l’abstention) nous serons au final perdants.

Cela dit, je compte tout de même préciser – encore une fois – que cet article est uniquement mon interprétation personnelle du phénomène et non de la manière dont fonctionne réellement ce système aussi complexe. Cependant, j’espère qu’il pourra engendrer d’autres analyses complémentaires, supplémentaires ou contradictoires, qui nous permettraient de nous faire une meilleure idée pour envisager des pistes d’émancipations réelles et efficaces.

Stéphane Hairy

 

P.S : Je suis désolé s’il n’y a pas de solutions proposées face à ce constat. Certaines ont déjà été évoquées sur ce site (seconde partie du documentaire) et d’autres n’ont tout simplement pas encore été créés.

 

Notes :

[1] Henri Guillemin, la commune [vidéo], Henri Guillemin, la révolution française [vidéo]

[2] Archives parlementaires de 1787 à 1860, Librairie administrative de Paul Dupont, 1875, [Lire sur Gallica (pages 594 et 595)

[3] Voir la citation dans son contexte dans Œuvres complètes de Voltaire: vol. (VII, 1064 p.) (1156 p.)

[4] Montesquieu – De l’esprit des lois – 1748 (Livre II, Chapitre 2)

[5] Rousseau – Du contrat social – (Livre III, page 265)

[6] Détruire sa carte électorale pour protester

[7] Européennes : les petites listes en quête de visibilité

[8] Régionales : Valls appelle à voter à droite dans trois régions

[9] Horizon – La France a peur : le syndrome du grand méchant monde [Vidéo]

[10] Élections régionales : pourquoi les abstentionnistes n’auraient rien changé au résultat & Que voteraient les abstentionnistes aux élections européennes ? (IPSOS).

24 Commentaires
  1. […] No comments […]

  2. Stéphane Laborde 2 années Il y a

    Magnifique ce post ! Belle profondeur d’analyse, logique précise (rare !). Reposté sur Diaspora : https://diaspora-fr.org/posts/1687649 réseau social libre et décentralisé.

  3. […] J'ai Un Doute Sur La Politique. Centralite_du_tirage_au_sort_en_democratie. Etienne Chouard – Chercher la cause des causes – TEDxRepubliquesquare. MOUSELAND – ST français. Élire ou s’abstenir ? Le piège du système électoral. […]

  4. CLK 2 années Il y a

    Ce poste ne discute pas de la problématique « élire ou s’abstenir » puisqu’il ne compare pas les moteurs et effets de ces 2 actions. Pour comparer avec les effets du vote (que nous connaissons) avec les effets de l’abstention, je propose ce texte: http://www.sharevox.net/page/HcHwW91PlY

    Ce n’est pas non plus une discussion autour de la valeur du système électoral étant donné qu’uniquement sa critique négative y est abordée.
    Je me demande comment on peut prétendre vouloir lutter contre l’oligarchie tout en en niant la volonté populaire de choisir systématiquement de manière majoritaire les partis souhaitant poursuivre la politique capitaliste dans le cadre de la 5ième république. L’argument selon lequel les abstentionnistes s’y opposeraient est d’ailleurs annihilé par la référence 10.

    • Auteur
      Stéphane 2 années Il y a

      Le but de cet article n’est pas de valoriser l’élection ou l’abstention, mais d’établir un point de vue critique sur le système électoral.

      Pour ce qui est de l’article que tu me présente, certains arguments sont effectivement justes concernant l’abstentionnisme. Mais je ne vois aucune critique du système électoral, il s’agit simplement d’un point de vue critique sur l’abstentionnisme.

      Voir la conclusion : « L’abstention pour mettre fin à ce système électoral pourrait quand même fonctionner :
      Si les humanistes pouvaient s’abstenir un peu plus, on pourrait peut être y arriver dès 2017 après 70% d’abstention à un match Sarko/Le Pen car ceux qui ne partent pas perdant, eux, vont voter ! Et pour rappel, lorsque les extrêmes confisquent le pouvoir, ce n’est pas souvent pour le redonner au peuple. »

      Conclusion de cet article : allez voter ! Aucune critique de l’élection n’y est faite.

  5. Dup 2 années Il y a

    merci pour cet article, cependant je suis surpris qu’il n’y soit fait nul part du vote blanc.

    • Auteur
      Stéphane 2 années Il y a

      Effectivement je n’ai pas parlé du vote blanc. N’étant pas pris en compte et n’ayant donc aucun impact réel, je le considère comme similaire à l’abstentionnisme (au niveau de l’impact qu’il a actuellement).

  6. MARILYN Gè 2 années Il y a

    Une bonne synthèse bien documentée qui laisse néanmoins à part le délicat problème de l’abstention ou des votes exprimés nuls ou blancs. A la vérité, tout le système est à changer. Et le citoyen n’attend que la démocratie réelle qui seule peut répondre aux choix de chacun :
    si je ne participe pas à la vie politique (dans son sens noble en tant qu’être responsable) : j’en suis le seul responsable
    si je participe, j’oeuvre au moins de mon mieux pour ce à quoi j’aspire : j’agis et surtout interagis !

  7. Hoffun 2 années Il y a

    Ton article est loin de proposer une critique objective et sérieusement documentée de notre système électoral. C’est à mon avis juste l’exposition de ton opinion visant à provoquer un débat citoyen sur le système électoral. Il est vrai que le citoyen moyen ne se pose même pas la question de critiquer le système électoral. J’espère que ton article amenera certains à se poser une question qu’ils n’avaient jamais envisagée et alimentera le débat.

    J’ai cependant vu ton article relayé sur certains réseaux sociaux par des personnes qui affirmaient être d’accord avec ton propos, sans nuance, sans ajout d’un avis personnel. Je suis sincèrement surprise de constater que beaucoup de peronnes ne sont pas capables de prendre du recul par rapport à un tel article.
    Le français moyen est-il dénué d’esprit critique? Au fond c’est peut-être pour cela que notre système politique peut-être ce qu’il est aujourd’hui.

    • Auteur
      Stéphane 2 années Il y a

      En effet, il s’agit d’un point de vue et je le répète suffisamment dans l’article pour qu’il soit compris comme tel et non comme une vérité. Je n’aime pas les vérités et encore moins La vérité. De mon point de vue elle n’existe pas, d’où ce positionnement. Concernant ce que tu dis sur les « français moyens », je trouve que tu es très condescendante par rapport à ceux que tu considères comme « moyen », j’imagine que tu dois sans doute être « supérieur » ? Pour ce qui est de leur opinion, il est possible que certains soient d’accord avec mon point de vue, mais d’autres l’ont critiqués (à juste titre). Mais toi qu’en pense-tu ? Tu critiques ceux qui – selon toi – n’émettent pas d’avis, mais de ton côté tu ne donnes pas le tiens. Quel est ton avis sur la question ?

    • MARILYN Gè 2 années Il y a

      Effectivement, l’article de Stéphane est une simple opinion, ce qui est mieux qu’une humeur, et elle est bien développée même si elle n’est pas exhaustive. Un article plus compliqué aurait noyé le citoyen moyen. Prendre du recul signifie également adapter son écriture à ses lecteurs. Son auteur s’est suffisamment exprimé en ce sens. Alors pourquoi critiquer négativement les bonnes initiatives comme celle-ci, qui a normalement dû déclencher la réflexion de plusieurs ? Ne pas émettre d’avis en publiant un texte signifie souvent que l’on considère qu’il a quelque intérêt tout en souhaitant laisser au lecteur la possibilité de se faire sa propre opinion.

  8. POURQUOI VOTER | Pearltrees 2 années Il y a

    […] Ni plus ni moins. Par un étrange tour de passe-passe, les professionnels du marketing politique, bien aidés par les répétiteurs médiatiques, ont gravé l’idée qu’un assemblage économique hétéroclite faisait entité politique. Or ce récit, aussi peaufiné soit-il par les agences de communication, s’avère pitoyable quand il entre en collision avec le réel. Le bernardguettisme (♠) a ceci de prodigieux, et cela vaut pour tous ses avatars dont le jeanquatremerisme, c’est qu’il fait fi de la pesanteur des contingences du monde élémentaire. Les éléments du récit Ce pitoyable récit comporte deux volets. Et c’est là que ça se raidit. La double violence du vote Or le carburant de ce système ordoliberal c’est le vote. Alors, il ne faudra pas s’étonner, finalement, qu’une partie du corps électoral envoie tout ce barnum au diable. (♥) F. Like this: Élire ou s’abstenir ? Le piège du système électoral. […]

  9. david 2 années Il y a

    bonjour Stéphane,
    je me suis abstenu hier, mais ai voté au 1er tour des régionales, car parmi les listes présentes, certaines étaient très proches de mes aspirations citoyennes, écologiques et solidaires. J’ai donc soutenu l’une d’entre elles qui n’a recueilli qu’un petit score et fut donc éliminée au 1er tour. au second tour, aucune des listes ne me convenaient, je me suis donc abstenu.
    je ne comprends pas qu’on puisse être abstentionniste par principe. il existe des mouvements qui veulent changer les règles du jeu de notre système politique; ils auraient besoin des suffrages de tous les citoyens humanistes et concernés pour pouvoir peser.
    je suis convaincu que la plupart des abstentionnistes sont des gens cools, et c’est dommage!

  10. #2.7 | LMPC 2 années Il y a

    […] Élire ou s’abstenir ? Le piège du système électoral | Le 4ème singe […]

  11. GDeloison 2 années Il y a

    Vraiment un super article, les illustrations sont sympa et le rouage de l’élection vraiment bien déconstruit. ça fait plaisir de voir de plus en plus de si bonne article contestant en profondeur le mécanisme même de l’élection. L’abstention a de plus en plus une voix, c’est bien, ça donne espoir pour quelque chose vraiment différent. ça manque en revanche derrière un peu de vision politique.

    Je me permet de vous partager cette vidéo justement sur la vision politique de l’abstention, si ça en intéresse certain de voir le « après s’être abstenu »:
    L’abstention, le changement qui gronde:
    https://www.youtube.com/watch?v=jhZSXmeHmi4

    Merci encore,continuez comme ça

  12. Auteur
    Stéphane 1 année Il y a

    Merci beaucoup @gdeloison91, nous avions effectivement vu cette vidéo et nous l’avions diffusée sur notre page FB récemment. Une très bonne vidéo ! Merci

  13. […] Élire ou s'abstenir ? Le piège du système électoral […]

  14. Jourdan 1 année Il y a

    En regardant la vidéo j’ai pas voté une des solutions apparaît et c’est l’obligation de tenir compte des abstentions (total des électeurs potentiel = 100%) dans l’évaluation des % obtenus. En Belgique ou le vote est obligatoire mais ou il y a la possibilité de voter blanc ou nul on inclue considère le % par rapport au total des votants…

    Dans les deux formes, obligatoire ou non, si il n’y a pas de possibilité de majorité absolue on passe à un deuxième vote dans lequel les forces en présences on 6 mois pour présenter des associations de candidats sous une même banderole qui sera « un programme définit » et pour lequel ils auront l’obligation de le tenir.
    Les 6 mois seront décompté de la période du mandat et si ils dérogent à leur programme (constaté et publié par l’opposition ou une pétition motivé) l’assemblée sera dissoute et une convocation pour de nouvelle élection lancée.

    Dans tout les cas les élus ou une pétition citoyenne (forcément publiée) réunissant 10% des votes exprimé lors de la dernière élection) ne pourront modifié la constitution que par une proposition publié et diffusée soumise à un référendum n’ayant comme choix pour, contre ou sans avis. Les pour devront représenter la majorité c’est à dire plus de 50% des votant sans avis inclus.

    Cette forme d’élection et modification éventuelle de la constitution rendrait la main aux citoyen qui pourrait forcer les pouvoirs en place à respecter leurs engagements et suivre les avis des citoyens.

    Cette forme amènerait également les candidats à penser en termes d’associations d’idées en corrélation avec les besoins de la société et non plus seulement en termes d’idéologie, ils deviendrons de vrais représentants. Le seul moment ou cela posera problème c’est la première fois que cela serrait mis en oeuvre. Après, les suivantes , ils se présenterons déjà au premier tour avec des projet et programmes applicable et plus ou moins réalisable sur leur législature…

  15. keg 1 année Il y a

    Il y a les élections du non choix : nominatif ou abstention
    Il y a les élections du choix : non-choix ou vote blanc

    où va évoluer la sagesse électorale :
    * continuer ses non choix et râler
    * oser dire non et en être satisfait car debout et non plus couché (il faut du courage…. mais c’est nécessaire, sous peine de dictature)

    http://wp.me/p4Im0Q-17z

  16. 4ieme SINGE | Pearltrees 9 mois Il y a

    […] Élire ou s’abstenir ? Le piège du système électoral. […]

  17. Jourdan Gerhard 5 mois Il y a

    Élire ou s’abstenir ? Le piège électoral !
    Le sujet est abondamment commenté dans le sujet et globale-ment je ne vois rien à y redire…

    Sauf peut-être y ajouter une sortie de boucle ou du piège !

    Le problème démocratique est justement qu’il contient en lui ses failles qui sont : la liberté d’expression, d’association et toutes les autres formes qui y sont liés. L’idéal serait alors de pouvoir y inclure des règles empêchant les dérives. Mais voilà, au moins la liberté d’expression serait atteinte et celle-là c’est une des bases fondamentale de cette démocratie.

    Je ne vais pas revenir sur tout ce qui a été débattu et dit mais aller directement à une proposition qui devrait de facto ne pouvoir inclure que des propositions ou orientations démocratiques. Cela par le fait qu’elles ne seraient que le résultat de choix partant de la base, des besoins citoyens et non l’inverse, par des représentants tels que nous les voyons actuellement.

    Ma réflexion repose sur le fait que nous n’allons pas suffisamment loin dans la participation citoyenne au pouvoir qui contrairement à ce que le mots revêt comme sens en politique qui est une forme de position de dictat ou de représentation absolue donnant les droits de décision au nom de tous à un élu. Ma vision du pouvoir serait collégial et ce dès la base de l’expression d’une proposition pour tout sujet devant servir l’intérêt général. Le point de départ étant collégial, on voit de suite qu’il y a aussi représentation par un collège et non plus par un individu ce qui est déjà mieux mais pas forcément exempt de prise de position contraire à l’idée de l’expression de la proposition. Le problème n’est plus l’individu représentant mais le collège représentant.

    On arrive à la participation citoyenne, ou le collège sera constitué pour un tiers de citoyen tiré au sort parmi des volontaires habilités à traiter l’objet de la proposition, un tiers de citoyen volontaires également mais n’étant pas forcément des spécialiste en la matière mais se sentant concernés et le dernier tiers par des membres de l’exécutif du moment en fonction ayant en charge le sujet concerné.

    Nous avons là un exemple de système qui si il est appliqué à tous les niveaux de décision ne peut qu’être démocratique car il maintient une représentation par élection ou les élus le sont pour constituer une colonne vertébrale représentative de l’entité pour laquelle ils sont élus (Comité de quartier, commune, région au biotope et culturellement compatibles) plus évidement la gestion de l’état ou se retrouvent les mandataires élus des régions pour les deux tiers et le dernier tiers constitué de citoyens aussi tiré au sort parmi des volontaires mais ici ayant des compétences en politiques internationales, commerciales etc. La fonction du gouvernement constitué servira d’interface entre une volonté des régions donc de l’état et devra être une représentation pour les autres états en conformité avec ce qu’ils sont pour pouvoir dialoguer dans leurs modes. Tous les départements de l’état seront constitués par un tiers de représentants élus, un tiers mandaté par les régions et un tiers citoyens avisés tiré au sort. Tous les postes serait révocable dès qu’ils ne respectent pas leur engament par rapport à leur candidature à l’élection, par rapport à leurs mandats de région et également par rapport à la méconnaissance du domaine pour lequel ils se sont porté volontaire au tirage au sort. Dans tous les cas, les représentants élus d’élections nationales ne pourront exercer plus de deux mandats, mais pourrons en remplir un de plus si ils sont mandaté par leurs région donc avec l’approbation des citoyens de cette région, la durée d’un mandat sera de quatre ans au niveau national et cinq ans au niveau régional, le cumul de quelques fonctions que ce soit n’est pas autorisé et à la fin de tout mandat l’élus retrouve l’emploi qu’il avait avant son élection sans autres compensation. Bien évidement reste engagé vis-à-vis de l’état par rapport à des « secrets » de sa charge publique pour une durée de deux fois son mandat effectué.

    Il est évident dans ce système que les ministères existants existeront encore, ce n’est que leurs dirigeants qui seront à leurs postes le seront selon un autre mode d’accès. Mais il va de soi que par exemple au ministère de la justice, le tiers élus et le tiers mandatés des régions le seront parmi des candidats au fait de la justice, donc de professionnel du domaine et le derniers tiers parmi des citoyens avisé donc constitué un peu comme cela l’est dans une cour d’assise. Ce modèle pourra aussi être appliqué pour l’enseignement, la recherche scientifique, la culture et les arts, l’économie interne et internationale etc…

    Dans cette configuration il faut évidemment que la constitution soit révisé complétement et repensé en fonction de la redistribution des rôles incluant l’ensemble des principes expliqué ci-avant. En plus elle devra intégrer la possibilité de la maintenir en phase avec l’évolution de la société et de l’intégration ou non des technologies. Chaque modification significative impliquant l’humain, les citoyens ou l’éthique devra faire l’objet de référendum qui pour certains serons non obligatoire à l’inverse de la majorité qui eux le seront et pourront être utilisé à tout niveau de pouvoir et ce à partir du comité de quartier au niveau national.

    Dans un tel système la démocratie est garantie par la participation à tous les niveaux de pouvoir de tous les citoyens, ceux-ci pouvant se retrouver à tous les niveaux de l’état assurent donc la continuité de la volonté citoyenne.

    Redéfinissons les niveaux de pouvoirs existants:

    1- Collectif de quartier, hameaux, collectivités associatives.
    2- Conseil communaux tant conseillé qu’échevins
    3- Conseil régionaux locaux (ensemble de commune de même biotope et/ou modèle culturels)
    4- Conseil régionaux géographique englobant les conseils locaux.
    5- L’exécutif d’état ou gouvernement central avec ses ministères.

    À chaque niveau nous retrouverons les correspondances de fonctions et responsabilités que l’on retrouve dans les ministères, c’est à dire que par exemple l’enseignement part de discutions de quartier jusqu’à l’exécutif de l’état et inversement à travers les conseils de 1 à 5.

    N’oublions pas dans ce modèle que le « travail » disparaissant par la numérisation et les algorithmes, le citoyen devient de plus en plus disponible a la réflexion et au service des collectivités.

    Ceci n’est évidement que l’ébauche d’une société démocratique, ou l’individu évolue dans un système de plus en plus libre des contraintes au profit des engagement souhaité et replaçant totalement l’humain et le vivant en général au centre de la vie…

    Gerhard !

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