Libérons (vraiment) les économies [version texte brut]

Libérons (vraiment) les économies [version texte brut]

 

CITATION(S) : « Les Banquiers détiennent la Terre. Si vous souhaitez rester leurs esclaves et payer le coût de votre propre esclavagisme, alors laissez-les continuer de créer de l’argent. »JOSIAH STAMP, directeur de la Banque d’Angleterre (1880-1941)

Vous êtes-vous déjà demandés qui crée la monnaie ?

Afin, de gagner de la monnaie ou de l’économiser, nous nous adonnons à un comportement de compétition et parfois de conflit. Cela est valable sur le plan personnel comme sur le plan de la communauté. Nous sommes plongés dans une logique de recherche de profit à tous les niveaux… et avec leurs conséquences.

 

Serait-ce les règles du jeu qui conduisent nos comportements ?

Regardons les règles actuelles pour apprécier de nouvelles possibilités de relations humaines

 

Qu’est-ce que la monnaie

La monnaie encadre nos interactions. Elle est un instrument de mesure des échanges entre les hommes. Comme le mètre mesureur permet d’évaluer une distance. A la différence que lorsque nous voulons connaître une distance nous ne sommes pas obligés d’acheter des unités de mesure. En effet, les unités de mesure de distance sont libres, le référentiel commun établi, fait que chacun peut les utiliser à sa guise, en créer de nouveaux, sans que cela contrarie qui que ce soit. Pourtant, lorsqu’il s’agit de mesurer ce que nous échangeons entre nous, nous devons acquérir d’une façon ou d’une autre de la monnaie.

Pourquoi devons-nous acheter des unités de mesure pour apprécier nos échanges ? C’est une question bien vaste pour cette vidéo mais vous trouverez des réponses dans les livres « Dette 5000 ans d’histoire » et « La guerre des monnaies ».

 

Monnaie privée

Pour comprendre cette monnaie que nous utilisons tous les jours, regardons ce qui la caractérise :

Les banques commerciales privées qui créent des unités de compte en monnaie, essentielles à la mesure des échanges entre les hommes. Elles, seules, ont ce pouvoir extraordinaire – Lorsqu’elles contractent un crédit bancaire, par un simple jeu d’écriture comptable, elles créent des chiffres qu’elles nomment monnaie mais qui en réalité, sont des unités inscrites dans des livres de compte. Plus de 95% de la monnaie est scripturale, c’est-à-dire « électronique ». Les 5% restant sont les pièces et billets que nous utilisons, toute cette monnaie qu’elle soit scripturale ou fiduciaire est issue, à l’origine, des crédits bancaires. Afin de mesurer nos échanges nous nous servons de ces unités crées de manière privée et sous conditions. La monnaie est centralisée. De la même façon que si nous payons nos échanges avec des cacahuètes, (si tenté qu’il n’y ait aucune limite de production), les producteurs de cacahuètes domineraient tous les autres. La monnaie est ainsi un outil restreint à la volonté des banques commerciales privées, à une économie strictement encadrée, dite de marché.

 

Valeur Globale et prix

Pensons-nous que la monnaie a de la valeur ?

La valeur, c’est-à-dire l’importance ou l’intérêt que l’on accorde à quelque chose semble subjectif, puisque cela dépend d’abord d’une appréciation personnelle. Quelqu’un qui aime la viande, y accordera beaucoup plus de valeur qu’une personne végétarienne.

La valeur d’un bien ou d’un service par exemple, dépend du nombre de personnes qui le demandent (les consommateurs) mais également, du nombre de biens ou services disponibles (la production). C’est le ratio entre l’offre et la demande qui détermine en partie la valeur selon le concept de prix du marché, autrement dit la valeur globale.

Celle-ci est fluctuante au gré des événements extérieurs et des appréciations personnelles. Si des intempéries perturbent la production de viande ou si l’ensemble des cantines scolaires deviennent végétariennes, cela influe sur la valeur globale du marché de la viande. De facto, si l’offre est monopolisée ou les événements extérieurs maniés, alors la valeur globale est manipulable.

 

Monnaie variation des prix

La monnaie est un instrument de mesure mais également un bien comme un autre. Nous avons vu précédemment que ce bien n’est pas un bien commun, comme les unités de mesure de distance mais, un bien privatisé puisque sa création est confisquée par les banques commerciales.

La valeur globale de la monnaie dépend elle aussi, de l’offre et de la demande. Avec l’importance de ces variations impactants tout du fait que les prix des biens et services sont exprimés en monnaie.

Ainsi, si nous modifions la quantité de monnaie disponible, s’il y a ajout de monnaie dans une communauté économique par exemple, la valeur globale des unités de compte diminue, cela se nomme l’inflation nominale, par conséquent, les prix augmentent. La masse monétaire de l’euro par exemple, a doublé entre 2005 et 2015, faisant augmenter les prix tout en diminuant la valeur de la monnaie. 10 € de 2005 ne valent plus que 5€ en 2015.

 

Monnaie Dette (négative)

Les banques commerciales créent des unités de compte en monnaie lorsqu’elles contractent l’endettement de quelqu’un, d’une entreprise ou d’une communauté. C’est cette promesse de remboursement qui fait foi et qui garantit la monnaie, inventée du néant par le banquier. Au fur et à mesure des remboursements, la part correspondante en unité de compte est détruite.

Les unités de compte en monnaie, dont nous nous servons tous les jours, sont basées sur des promesses et la servitude promise à ceux qui accordent le crédit. La monnaie est ainsi négative et basée sur la confiance, puisque créée à partir de rien contre une promesse de remboursement mais elle est surtout un instrument de domination octroyée à ceux qui ont le pouvoir de battre monnaie.

Ainsi, ce pouvoir extraordinaire permet de définir ce qui est valeur économique ou non du fait de l’accord ou du rejet d’un crédit bancaire ou encore, de manipuler la valeur globale des biens et services y compris de la monnaie elle-même.

Les valeurs que nous accordons aux choses, quelles qu’elles soient, sont arbitraires, fluctuantes et à perspective exclusivement immédiate.

 

[Valeur relative]

D’ailleurs, si nous souhaitions observer réellement la valeur de nos échanges, il nous faudrait arrêter d’apprécier les prix en unité de compte, en devise Euro ou Dollars. Nous estimerions avec plus de justesse les valeurs de notre salaire ou de notre alimentation, en relatif. C’est-à-dire en fonction de la totalité des unités de compte en circulation. Si, je gagne 20 000 € de salaire/an dans une communauté économique où la masse monétaire totale est de 2 000 Milliards d’€, ce n’est pas la même chose que si je gagne toujours 20 000 € dans une communauté économique où la masse monétaire totale est de 200 000 €. La valeur globale de mon salaire varie d’un cas à un autre.

De même, la taille de la communauté économique, c’est-à-dire le nombre de participants, est de toute importance. Si nous sommes 100 dans une communauté économique où la masse monétaire est de 2 000 Milliards ou, si nous sommes 2 Milliards dans cette même communauté économique cela change profondément la valeur globale de la monnaie.

Alors, pourquoi n’observons-nous jamais les valeurs en relatif ? C’est-à-dire en fonction de la masse monétaire totale et du nombre de participants à la communauté économique. C’est exactement comme mesurer une distance, sans en connaître la fin ni les unités de mesures. C’est dire que sans appréciation de la quantité d’offre et du nombre de demandeurs, nous ne pouvons qu’apposer une valeur hautement subjective aux choses, une représentation de la valeur de notre salaire ou du prix du pain.

 

 

[Conséquences]

Revenons un instant sur la création monétaire, sur la mécanique qui permet de manière exclusive aux banques privées de créer des unités de compte, en Euro par exemple. Observons les conséquences des règles que nous utilisons.

Comme, l’Euro est créé par les banques commerciales, elles ont le pouvoir de définir ce qui est valeur économique ou non et ainsi faire de la société leur dessein. Le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui, serait-il le résultat de la volonté des banques commerciales et de l’économie stricte de marché, un monde dessiné par les agents bancaires ?

Comme l’Euro est créé par le crédit bancaire et qu’un crédit doit être remboursé, ou, comme la totalité des dépôts bancaires sont issus d’emprunt, le système a pour corolaire majeur :

  • La nécessité de fabriquer de nouveaux crédits sans cesse (la croissance). A défaut, il n’y a pas suffisamment de monnaie pour clôturer les acquittements dus et le système s’effondre de lui-même. Comme pour la crise de 2007, où les banques ont possédé d’un coup, trop d’actifs et d’avoirs mais pas suffisamment de liquidité. Cette machinerie oblige donc à une croissance perpétuelle et place le système en constante instabilité. Cette instabilité est garantie aujourd’hui par les comptes bancaires des déposants, vous, moi, qui seront prélevés en cas de difficulté bancaire (comme à Chypre).

La nécessaire croissance perpétuelle, a une répercussion certainement dommageable sur les interactions entre les hommes mais également dans la gestion du bien commun.

Premièrement, elle place les hommes, les institutions, les entreprises, les pays dans une concurrence sans limite.

Deuxièmement, elle oblige une monétisation accrue. Autrement dit, elle assujettit tout à marchandisation y compris les biens communs. La privatisation des services publics, les titres et valeurs des marchés financiers, la monétisation du co2, également du vivant avec tout ce qui est nécessaire à la subsistance des hommes ou encore dernièrement, la marchandisation de bébés à Bruxelles.

Mais encore, et surtout, la mécanique monétaire porte impérative exigence d’étendre continuellement sa zone économique d’influence monétaire, avec la mise en place de l’ALENA, de l’Union Européenne des futurs traités de « libre échange » transpacifique, transatlantique, oriental (Europe de l’Est), transafrique , etc. Ce despotisme mécanique œuvre contre la paix de par sa nature absolue à affirmer ses conditions et faire ainsi naitre des conflits.

Troisièmement, la croissance impérative du système monétaire condamne l’émission de monnaie, par le crédit bancaire, à une stricte logique de rente. Excluant ainsi tout investissement non marchand de notre modèle de société. La monnaie est restreinte à l’économie de marché de la même façon que si, le mètre mesureur était utilisé strictement pour la construction de maison en excluant tout autre usage de mesure de distance.

Pour conclure, les conséquences de ce phénomène structurel de croissance, citons l’économiste Kenneth Boulding : « Celui qui croit à une croissance exponentielle infinie dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste ». Au temps de l’engendrement industriel et de nos modes de vie de surconsommation, alors que nous voyons le mur économique et écologique dans sa perspective de fin de notre civilisation, est-ce bien indiqué de continuer d’être hébété ainsi ?

 

[Le travail]

Prenons un instant pour aborder le travail, bon nombre de représentation en est fait, qu’il s’agisse de sa définition ou de ses effets. Le travail est présenté comme une valeur suprême et ceux qui en sont dépourvus comme des fainéants. Et c’est bien normal, puisque c’est du travail qu’émerge, en parti, la possibilité de contracter des crédits bancaires et ainsi, de créer de la monnaie. C’est ce même travail qui est le vecteur de compensation de l’inflation nominale. Le NAIRU, en France par exemple, impose à 9% de la population active de ne pas avoir accès au travail afin de compenser les variations de la valeur de l’Euro.

En regardant de plus près l’origine du mot « travail » cela prend tout son sens.

Son étymologie est « trepalium » en latin qui veut dire trois pieux, celui-ci était un instrument de torture qui servait à punir les esclaves, qui eux seuls, travaillaient.

Le travail a une connotation de souffrance (l’accouchement = le travail…)
Le travail représente l’effort pour exercer une tâche.

 

Aujourd’hui, le travail se définit par une activité productrice de richesse exclusivement marchande. Voici un exemple pour illustrer ce propos : Ce n’est pas l’excellence d’un pâtissier qui le rend professionnel mais bien sa capacité de marchander ses prestations, soit de manière indépendante, en vendant lui-même ce qu’il produit, soit dans un emploi en produisant une richesse qui sera vendue par une tierce personne. Ceci est valable pour toutes les disciplines, de la danse à la mécanique en passant par l’art et l’inventivité.

 

Le travail est donc une activité exclusivement marchande dans une économie monétaire de rente sur investissement. Comme toute valeur marchande, le travail est assujetti aux variations monétaires mais également à la loi du marché de l’offre et de la demande. Il en est bien sûr de même pour le travail employé. Globalement ce que nous produisons a pour première finalité le profit, du fait de la mécanique monétaire que nous utilisons, le médiocre est devenu la norme. Ce qui nous impacte fortement dans notre organisation du travail puisque le profit se place devant l’utilité à mille lieux du bien commun, créant un avenir de non-sens collectif et court-termiste. Pour exemple, nous avons des ingénieurs qui sont payés pour penser à faire de l’obsolescence programmé des matériaux pour qu’ils se cassent au lieu de penser le durable ; nous avons aussi des pharmacologues qui vont concevoir des médicaments pour des malades imaginaires qui ont les moyens de se les payer pendant qu’ailleurs, de vrais malades se meurent faute de pouvoir bénéficier d’un traitement ; nous avons aussi des milliards de ressources qui sont utilisées pour imaginer et mettre en pratique des outils de destruction, quitte à pouvoir faire exploser la terre plusieurs fois ; nous avons encore, des agro-industriels et des spéculateurs qui tentent de maitriser la nature et notre alimentation pendant que des milliers d’hommes et d’enfant meurent de faim. Si le travail est dépendant de l’appréciation personnelle et collective qu’on lui accorde, au même titre que le marché de l’offre et de la demande, il semble que ces appréciations font du travail une valeur hautement manipulable.

 

Lorsque l’on regarde l’évolution de l’emploi dans le temps de notre zone économique, ou plus exactement des activités productrices de richesses marchandes, la constante est la destruction croissante du travail humain. Cela s’explique par l’internationalisation des échanges dans laquelle la production est délocalisée vers des zones où la main d’œuvre permet plus de profits mais aussi parce que la technologie exponentielle (les automates, l’informatique, la robotique, l’intelligence artificielle), remplace peu à peu le travail humain à moindre coût et donc, augmente le profit pour les investisseurs. Les prévisions font état d’une marge comprise entre 1/3 à la moitié du travail humain d’aujourd’hui qui sera remplacé par les machines d’ici 9 ans. Cette destruction du travail humain nous l’avons voulue, il y a plusieurs décennies, en pensant que les gains de production seraient rétribués de manière équitable aux travailleurs et non, que les investisseurs s’accapareraient la part entière du gâteau.

 

Heureusement, l’activité humaine ne se limite pas à des actes exclusivement marchands. Eduquer des enfants, se cultiver, offrir de son temps à quelque chose, fait appel à une volonté non commandée par le profit mais bien par des perspectives personnelles et collectives. Nous en trouvons beaucoup d’exemples et de réalisations d’aspirations humaines sur Internet et dans la vie associative, laissant entrevoir de nouvelles formes et outils économiques.

 

Lorsque nous observons la part de ces activités non marchandes des populations, sur internet ou dans le monde associatif, nous constatons une volonté accrue, personnelle et collective à se réaliser.
Pourtant, dans notre modèle de société et d’économie de marché exclusif, nous en sommes encore à nous poser la question de savoir comment les humains privés de travail aujourd’hui et ceux qui en seront privés demain, pourront subsister ?

D’autant plus que l’Etat, détient déjà une dette irremboursable, assujettissant tout à une hyper imposition, écrasante, qui oblige la population à donner une grande partie des fruits de leur travail aux intérêts de la dette.

Mais également, que cette dette est, selon l’Assemblée Nationale Française, un instrument de domination institué sur les politiques sociales et économiques. Cela sous-entend que, toute démarche politique est astreinte à la volonté du marché. Si elles étaient divergentes de celles-ci, elles ne pourraient aboutir sans les foudres de l’économie de marché et de ses adjuvants collatéraux. La politique ne semble pas une issue pacifique.

 

[Tentative de monnaie complémentaire – faisabilité]

Pourtant, instruire la monnaie est une application aux effets concrets. Les règles monétaires déterminent des conséquences certaines puisque la monnaie est avant tout, un outil de mesure, influençant les relations humaines. Des exemples de monnaies différentes de celles émises par les banques commerciales existent partout, il y en a plus de 5 000 dans le monde aujourd’hui et il fut un temps, dans les années 30, où il y en avait plus de 36 000 aux Etats-Unis et en Europe.

Bien souvent, nous utilisons des applications monétaires sans même le savoir.

Par exemple, les cartes fidélités des grandes enseignes de distributions permettent d’acquérir des points fidélités qui sont en réalité des unités de comptes à utiliser exclusivement dans les magasins concernés. Il s’agit bien d’une monnaie dont l’application a pour effet un usage localisé et localisant. Elle est appelée monnaie locale complémentaire.

Mais aussi, dans certaines collectivités on y trouve des monnaies à usages locales. Des unités de compte à utiliser dans une zone géographique déterminée ou auprès de marchands labélisés.

On trouve également des unités de compte en temps. Il suffit de donner un peu de son temps à une communauté pour gagner des unités de temps échangeable contre des biens ou services. Ici l’application monétaire a pour effet de développer les relations humaines indépendamment de la concentration monétaire, puisque toutes les personnes de la communauté possèdent du temps à échanger. Ce sont généralement des SEL qui constituent ces réseaux économiques.

Enfin, le développement des jeux vidéo a mué vers des plates formes, souvent interactives, devenues de véritables zones économiques. Les joueurs peuvent y acheter des objets nécessaires ou complémentaires au jeu auquel ils jouent, dans des unités de mesures propres à l’entreprise qui commercialise le jeu. Ces unités de compte en ligne sont échangeables contre des devises issues de banques commerciales telles que des euros ou des dollars. Cela a pris une telle proportion aujourd’hui, que certains joueurs de jeux vidéo peuvent en vivre. Ici l’application monétaire a pour effet de développer des zones économiques privées, dont les entreprises propriétaires se substituent aux banques commerciales dans la création de monnaies digitales dans des perspectives de profits, de la même façon que le bitcoin.

Il existe encore bien d’autres monnaies et d’applications monétaires mais souvent, elles sont adossées aux monnaies issues des banques commerciales comme l’euro ou le dollar, et sont centralisées, ou encore à valeurs fluctuantes et subjectives. Elles sont, pour la plupart, liées à la notion de dette et promulguent ainsi une forme de domination et de concurrence de marché dans une société où la perspective centrale commune est la recherche de profit, du fait certainement, de l’usage de monnaies qui doivent être remboursées.

S’il y a de plus en plus de monnaies, est-ce parce que c’est un outil de mesure qui développe des potentiels communs positifs, humains ?

 

[La mesure de valeur avec un seul outil (exemple du Co2)]

Connaissez-vous ALGOR ?  Un homme dont la biographie mériterait d’être détaillée car il a eu, entre autre, une idée brillante. Tout le monde ou presque, a entendu parler de son film : « une vérité qui dérange », un film présentant les défis environnementaux sous un certain angle. Outre son contenu, il reprend ce principe sorti de quelque part, qui est de mesurer l’impact de l’homme sur son environnement qu’avec uniquement un seul critère, le Co2. C’est un peu comme si nous devions construire une maison en ne disposant que d’une balance en gramme en guise d’outil de mesure. Outre ce concept simpliste qui ressemble à bien des égards à l’économie de marché, ce qui en découle est de monétiser le Co2. C’est-à-dire de permettre l’émission d’une quantité de Co2 tout en payant des bons carbones sur les marchés financiers. Peut-être, est-ce parce que si la pollution a un coût pour la planète elle a certainement aussi, un prix. Ce qui est encore plus extraordinaire, c’est que les êtres vivants et particulièrement nous-mêmes, les Hommes, nous expirons du Co2, est-ce une taxe pour respirer qui bientôt, peut-être, nous concernera tous ?

Sans polémique aucune, ce que nous donne à gagner ALGOR dans notre réflexion est ceci :

Pourquoi mesurons nous la valeur de nos échanges avec strictement un seul outil ? Qui de plus est la monnaie négative et privée à valeur subjective. Donc peu pratique.

Mais surtout, il nous rappelle que, attribuer un prix à tout et n’importe quoi, a pour effet de garantir, d’affirmer, d’assurer son existence.

 

Résumons ce que nous venons de voir :

 

  • Une société ou une civilisation se détermine en parti par la qualité des interactions entre les Hommes,
  • Aujourd’hui, ces interactions sont appréciées de manière exclusive par un instrument de mesure en unité de compte qui se nomme monnaie privée,
  • Les règles qui définissent la monnaie en font un instrument de mesure limité et peu pratique,
  • La monnaie est un instrument de mesure bridé de par sa forme privée, centralisée, à valeur manipulable et subjective, ainsi que restreinte à un usage de marché et de profit, créant une société de compétition sans limite et de conflits, destructrice de vie,
  • La monnaie est créée comme un instrument de domination qui a besoin de s’étendre continuellement en s’imposant pour subsister. Elle domine même les perspectives politiques,
  • La monnaie est négative et instable mais garantie par le labeur des travailleurs qui peuvent en être privée à tout moment,
  • La destruction croissante du travail humain pose la question du devenir des Milliards d’Hommes exclus de la vie sociale et économique,
  • Les règles monétaires adoptées par une communauté économique déterminent des effets concrets, traçant des perspectives,
  • La monnaie est un potentiel de développement commun positif,
  • La monétisation, l’attribution d’un prix à quelque chose, n’importe quoi a pour effet de garantir, reconnaitre son existence.

 

 

Aujourd’hui, la mécanique monétaire est comparable au jeu du Monopoly. Si au début de la partie tout le monde part avec la même somme de monnaie, (ce qui n’est pas le cas dans la vie réelle), très rapidement au fil de la partie, des écarts de quantité de monnaie départagent les joueurs. Certains possèdent beaucoup de monnaie et d’autres moins. La structure même du jeu et ses règles déterminent l’effet Pareto que chaque joueur peut constater au fur et à mesure de la partie. Ainsi il y a quantitativement des riches qui s’enrichissent de par un effet de condensation monétaire, et mécaniquement des pauvres qui s’appauvrissent, ayant toujours plus de loyer à payer et de possibilités d’investir et de rentabilités amoindries.

A la fin de la partie, ce n’est pas celui qui possède le plus de monnaie ou de biens qui est le gagnant. Dans la théorie des jeux, à l’issue d’un Monopoly, il n’y a aucun gagnant. Le jeu s’arrête simplement car il n’y a plus de possibilité de faire circuler de la monnaie, tous les joueurs ayant été exclus au fur et à mesure de la partie.

Dans la vie réelle, le système monétaire, nous fait jouer au Monopoly à la différence que, les banques ont pris également des rôles de joueurs. Elles empêchent la fin de la partie, créant de la monnaie pour elles-mêmes et pour d’autres, avec la bénédiction du FMI, de la BRI, et de la BM, en échangeant toujours plus de crédits à des joueurs qu’elles choisissent contre leurs servitudes. Les autres en sont exclus.

 

Si la monnaie a mué ainsi, tel un outil de mesure de richesse subjective, de manière très éloignée à son essence originelle, a-t-elle été adaptée pour ces circonstances ?

La monnaie est comparable à un flux informationnel qui inscrit dans le temps les rapports humains et ce qu’ils échangent. La monnaie définit ces rapports et donc, les organise. Nous parlons alors d’une forme d’intelligence collective. L’intelligence collective n’est pas liée à une capacité cognitive commune mais bien à un maillage de relations collectives qui caractérise l’intelligence. Ce sont les liens et les connexions entre les individus dans une communauté déterminée qui définissent la notion même d’intelligence.

Sans vouloir reprendre l’éternel débat entre l’œuf ou la poule ou, entre Marks et Proudhon, de manière simpliste : Est-ce que c’est d’abord la société qui définit la monnaie ou est-ce que c’est la monnaie qui définit la société ? Si celle-ci, aujourd’hui, crée des séparations verticales entres les hommes, permettant à certains d’échanger beaucoup et à d’autres pas du tout, qu’institut-elle comme architecture organisationnelle, quelle forme prend l’intelligence collective sociétale qui utilise l’outil monétaire de la monnaie dette précédemment décrite ? Celle d’une pyramide, avec un petit contingent en capacité de créer de la monnaie pour eux-mêmes en haut de la pyramide. Ils créent de la monnaie sous la forme de crédits bancaires pour les autres qui doivent être remboursés et ainsi déterminent la place de tous, dans cette pyramide organisationnelle. Les uns et les autres se retrouvent plongés dans une compétition nécessaire à la sauvegarde de leur place hiérarchique, assurant ainsi la durabilité du sommet de la pyramide.

 

Intelligence collective originelle

Pourtant, dans les campagnes, il est fréquent de trouver dans les hameaux ou les villages des fonctionnements différents et pour cause :

Souvent, l’éloignement de la ville et des commerces mais également des liquidités ou de terminaux de transactions monétaires impactent ces petites communautés résidentielles dans leurs organisations économiques, dans l’essence même des maillages ou de la consistance des relations humaines caractérisant l’intelligence collective.

En effet, le manque de moyens pousse les habitants de ces hameaux ou de ces villages isolés à produire eux même un bon nombre de biens et services qu’ils échangent dans des codes économiques excluant en partie, l’usage de la monnaie dette.

Premièrement, ils possèdent ce qui pourrait être considéré comme une conscience collective. Ensemble, ils forment un groupe de personnes du fait de la condition de leurs existences et des difficultés qui se présentent à eux, zone d’habitation isolée, conditions météorologiques ou géographiques particulières. Ils font face à des notions de distances et de temps différents que dans les grandes villes par exemple.

Deuxièmement, ce qui leur est commun constitue un ancrage collectif. Leur village et ses alentours, les ressources d’eau, de bois, d’énergie, sont autant de biens communs qu’ils protègent, entretiennent, développent.

 

Enfin, les habitants de ses petits villages ont tout à chacun des particularités personnelles, ils maitrisent des connaissances, des techniques, des spécialités propres à l’expérience des uns et des autres et parfois communes. Ils exercent pleinement leurs personnalités, aussi variées qu’elles soient tout en faisant parti de leur village. Ils sont plongés dans une forme d’individuation, c’est-à-dire de rapport entre le « je » et le « nous », qu’est-ce que le « je » peut faire pour le « nous » ou que puis-je faire pour le village et ses biens communs ?

Ainsi, le maillage entre les habitants où les relations, sont conditionnées par quelques spécificités environnementales, une conscience collective de ce qui est commun et une volonté d’individuation qui en découle, formant une autre approche des rapports économiques.

Lorsque, les saisons s’écoulent, elles rythment la vie du village. Par exemple, l’été arrivant, un certain nombre d’habitants se réunissent pour couper du bois et le mettre à sécher pour les hivers prochains. Ils se servent dans les bois communaux pour redescendre des bûches qu’ils entreposent à l’entrée du village. D’autres résidents vont couper du foin ou de la paille ensemble pour le besoin des animaux de la commune. D’autres encore réparent, entretiennent construisent des équipements qui embellissent le lieu de vie, comme les bancs publiques, les chemins alentours, et différents monuments. Chacun participe aux grés des besoins et de ses envies. Ces rapports de liens constituent une forme économique, dite, contributive. Une forme relationnelle dans laquelle les uns et les autres échangent des biens et des services pour l’aboutissement de projets communs, en général, profitables à l’ensemble.

Au fil des saisons, la vie se poursuit. Par exemple, à la saison des pommes, celui qui possède des pommiers en récolte pour lui-même, s’il y a de l’excèdent, il en donnera quelques-unes à sa voisine. Elle-même transformera ces pommes en tarte ou en compote qu’elle lui rendra en parti et qu’elle offrira à d’autres. Il en va de même pour toutes les denrées et autres productions que les uns et les autres s’échangent dans la conduite de leurs relations. Il s’agit ici d’une forme économique qui se caractérise par l’économie du don contre don. Une forme relationnelle où les uns donnent aux autres et les autres donnent à leur tour ou rendent ce qu’ils ont eu avec toujours un peu plus, tel un gage de relation qui se veut vertueux.

Dans ces villages isolés, il est fréquent de trouver ces formes d’échanges et de relations. Elles constituent un maillage relationnel usant de différentes formes économiques. On y trouve toujours l’économie de marché, car les habitants ne peuvent se passer totalement de la monnaie et elle constitue le rapport vers l’extérieur mais aussi, l’économie contributive et l’économie du don contre don.  Lorsque ces deux dernières formes économiques dominent la première dans les relations entre les habitants du village, les liens qu’ils développent entre eux, constituent une forme d’intelligence collective dite originelle. Cette forme organisationnelle était prédominante avant l’invention de l’écriture il y a plus de 5 000 ans. Elle place les Hommes, d’un petit groupe, dans un rapport relationnel horizontal dont les agissements sont à la fois dans une optique personnelle et commune favorisant la coopération.

 

Exemple de l’économie Pyramidale – intelligence collective pyramidale

L’invention de l’écriture a permis aux hommes d’émettre des reconnaissances de dettes écrites. Ce fut certainement le préambule de la monnaie dette. Il a été retrouvé des tablettes de compte en argile datant de l’époque sumérienne. C’est à partir de ce moment, lorsque les hommes se sédentarisaient et développaient l’agriculture, que l’intelligence collective pyramidale s’est mise en place. Elle répondait à une complexité et des perspectives nouvelles par une autre structuration de l’organisation.

Il est tangible d’imaginer que, l’invention de l’écriture permettant de fixer dans le temps un certain nombre d’informations et la sédentarisation offrant une projection différente des territoires en segments de production agricole ont été les grandes causes majeurs d’un besoin de réadaptation organisationnelle. Les changements de perceptions du temps et de l’espace associés à une disparité des connaissances et des moyens ont fait muter l’organisation originelle vers une intelligence collective pyramidale.

Cette organisation verticale fut nécessaire, elle répondait à des besoins de coordinations. Elle organisa la société avec l’efficience qu’on peut lui reconnaître en termes de progrès, même si celui-ci peut être discutable.

 

Aujourd’hui et depuis déjà un certain moment, notre rapport au temps et à l’espace est bouleversé. La mondialisation supprime les saisons, il est possible d’avoir n’importe quel fruit ou légume n’importe quand. Encore, la technique raccourcit les délais de circulation des informations à l’échelle même, de l’immédiat avec les téléphones portables ou l’Internet. L’idéologie aussi, avec le Trans humanisme qui compte mettre fin à la mort d’ici 2045. Les perceptions de temps sont profondément transfigurées. Et que dire des milliers de satellites en orbite autour du globe qui montrent à quel point la terre est un espace limité. Il est possible d’en faire le tour en moins de 67 heures. Mais encore, la terre est peuplée par plus de 7 Milliards d’individus. L’espace, la dimension des territoires sont des notions depuis lors réformées.

Les perceptions du temps et de l’espace se différencient aujourd’hui de celles qui fut naitre, jadis,  l’intelligence collective pyramidale. Quelle forme d’intelligence collective suscitent-elles comme étendue nouvelle ?

Une observation de cette perspective peut se mesurer par l’appréciation des liens et du maillage que constituent les techniques de l’information et de la communication. L’internet, aussi appelé la toile, se caractérise par sa forme organisationnelle particulière. L’arrivée du web 2.0 ayant popularisé son accession par les uns et les autres. Ils sont reliés ensemble, tels les connections neuronales d’un cerveau. Internet offre une approche du monde ayant pour trait des points de vue complexes et complémentaires. L’inné et l’acquis émanant de différents angles et panoramas de pensées, issus du monde entier, se confondent et se partagent dans un paysage semble-t-il sphérique. (Dans le sens où la production de biens et de services outrepasse les limites de la sphère internet pour se concrétiser dans le monde « réelle »)

 

L’appréciation des liens et du maillage profilés par internet peut se faire par la considération des formes économiques y afférentes.

Il y a bien sûr, l’usage de l’économie de marché propre à l’organisation pyramidale. Des sites Internet proposent des biens et services de tous types marchandés, ici et là, contre des devises bancaires.

 

Il y a  aussi sur Internet, une forme économique dite collaborative. Elle est assujettie à être amalgamée avec d’autres formes économiques plus horizontales. Elle en est une approche hybride tout en étant, dans sa finalité, pyramidale. Sa consistance émane de perceptions collectives mais sa rétribution financière est centralisée, en grande partie.  En regardant « blabla car », ou uber par exemple ; ce sont les internautes qui constituent le fonds de commerce de ces sites. Ils se mettent en lien les uns avec les autres, et réduisent ainsi, les coûts des voyages qu’ils organisent en se mettant en commun. Les propriétaires des sites prenant un montant forfaitaire sur chaque voyageur mis en relation. A l’origine, ce besoin de se mettre en liaison, afin de voyager, partait d’un constat collaboratif commun et fut transcendé par des investisseurs qui avaient les moyens de développer rapidement les solutions proposées. En résumé, l’économie collaborative part toujours d’un constat commun, souvent moral. Des solutions sont proposées et des moyens sont développés.  L’économie collaborative, met à contribution des internautes qui produisent en échange de sens morals, tout en centralisant la majorité des rétributions financières vers les investisseurs ou ceux qui ont su développer les solutions techniques. L’économie collaborative est ainsi un hybride des économies horizontales puisqu’elle intègre, telle une transition, une comptabilisation ou observation verticale et horizontale des rapports entre les hommes.

 

Sur Internet, on y retrouve des formes économiques strictement horizontales comme l’économie du don contre-don ou l’économie contributive précédemment décrites.

Pour imager l’économie du don contre-don, il y a plusieurs exemples, qu’ils s’agissent des sites Internet de dons de biens ou services ou encore, des plateformes d’échanges thématiques ou chaque internaute peut enrichir de son point de vue ou de son savoir une discussion sur un sujet déterminé en mettant à disposition son expérience et ses connaissances dans un ou plusieurs domaines. Il offre ainsi de son temps et de ses compétences à d’autres qui en ont besoin comme sur les forums spécialisés que des millions d’utilisateurs consultent et proposent, dans des domaines aussi variés que la cuisine, le bricolage, l’informatique, etc, tous les domaines de la vie ou presque, sont concernés.

 

L’économie contributive elle n’est pas en reste, puisque Internet relie les personnes entre elles, il permet de rassembler des savoirs et des compétences autour de projets communs. Ainsi, qu’il s’agisse de créer des machines comme « global village construction » qui développe tous les outils nécessaires et utilisés dans un village ou une ville, en open source, afin de permettre à tous de les reproduire, ou qu’il s’agisse de développer des outils qui facilitent ou améliorent la vie, les projets de l’économie contributive sont toujours portés par des volontés personnelles et collectives de quelques personnes œuvrant pour une certaine forme de vertu commune.

 

Si on retrouve sur Internet les formes économiques verticales, elles excluent toujours, de par leur mécanique, un certain nombre de personne, du fait de la nécessité de posséder des devises bancaires pour y participer. Les formes économiques horizontales elles, sont ouvertes puisqu’elles ne nécessitent aucun autre prérequis que l’envie. Internet permet chaque jour à un plus grand nombre de personnes d’observer le monde dans son ensemble. Cela développe en partie l’effet d’individuation, c’est-à-dire ce que les uns peuvent faire pour eux-mêmes et les autres, devant la contemplation d’un nous, de ces perspectives et au-delà de la sphère internet, se matérialisant chaque jour un peu plus dans la vie dite réelle.

 

La coordination, que permet l’outil internet, et qu’il est possible d’apprécier par son maillage économique, prend la forme de l’intelligence collective holomidale qui veut dire un maillage de l’ensemble ou du tout qui s’organise dans une grande complexité de réseaux et de connexions.

L’intelligence collective holomidale prospère, s’il est possible de le dire c’est que ce phénomène semble perceptible avec la sociologie. En effet, dans les années 60 le sociologue américain Paul Ray et la psychologue américaine Sherry Anderson ont mis à jour l’existence d’un groupe sociologique appelé les créatifs culturels. Ce sont des personnes dont les caractéristiques principales sont qu’ils observent le monde de manière globale et intégrale et, qu’ils ne se reconnaissent pas dans la société qui leur est proposée, abordant ainsi leur existence avec particularité, bien souvent les créatifs culturels sont à la pointe du changement sociale. Des études sociologiques montrent que le nombre de créatifs culturels est en progression.  Il est tangible d’associer ce développement des créatifs culturels avec celui des nouvelles technologies permettant une réorganisation sociale et économique sous la forme holomidale à la fois sur Internet et dans la vie dite réelle. En revanche, il est impossible d’en tenir une comptabilité réelle pour le prouver du fait de l’absence pour le moment d’outil de mesure.

 

Verrouillage socio technique et standardisation pyramidale

Si les rapports entre les Hommes, les connections semblent profiler un maillage horizontale sociétale, nous faisons face encore à quelques verrouillages socio-techniques du fait d’une forte propension des standards de l’organisation pyramidale, un peu comme un bras de fer entre un pouvoir centralisé qui prend des décisions de plus en plus inégalitaires et autoritaires, pour se sauvegarder…  et une autre forme de coordination rétribuée à tous, en construction, l’organisation holomidale..

 

Il y aurait plusieurs exemples afin d’imager ce verrouillage socio-technique, comme les énergies dites propres et le business de l’industrie des énergies vertes ou encore, l’impact de l’utilisation de l’automobile sur nos sociétés et des villes qui se construisent pourtant, encore et toujours, par des infrastructures faites pour utiliser l’automobile.  Mais prenons cet exemple : les logiciels propriétaires / logiciels libres.

Les logiciels propriétaires sont développés par des informaticiens dans le but de proposer des outils soit payant, soit qui permettent la collecte des données personnelles des utilisateurs qui seront revendues à des tiers pour assurer des revenus. Ce sont des logiciels conçus en premier lieu pour le profit de ceux qui en possèdent les brevets. Les logiciels libres eux, sont développés d’abord pour l’usage et l’utilité (exemple de pyton) Ce sont des contributeurs libres qui développent les différents aspects d’un logiciel dans une économie contributive, sous la forme de l’open source, c’est-à-dire dont les sources sont ouvertes et modifiables par tous.

Néanmoins les logiciels libres répondent à quatre libertés fondamentales, la liberté étant une non-nuisance vis-à-vis des autres personnes.

  • Les individus sont libres du choix d’utiliser les systèmes informatiques qui leurs conviennent
  • Les individus sont libres d’utiliser les ressources (les codes de programmation par exemple)
  • Les individus sont libres de produire toute valeur c’est-à-dire de définir ce qui pour eux a du sens.
  • Les individus sont libres d’échanger, de définir pour eux ce qu’ils veulent échanger et comment l’échanger.

La plupart des fonctionnalités informatiques que nous utilisons tous les jours ont leurs équivalences en logiciels libres. Pourtant, nous continuons à utiliser des logiciels propriétaires. Prenons le cas des systèmes d’exploitation comme Windows et Linux. Le premier appartient à Microsoft et le second est un système libre, tous deux sont sans cesse, développés, corrigés améliorés pourtant nous avons encore une propension au standard institutionnalisé. En effet, parce que la plupart des ordinateurs issus du commerce sont vendus avec Windows ou l’os Apple, parce que les institutions publiques favorisent l’utilisation de ces mêmes systèmes d’exploitations dans les administrations et dans l’apprentissage à l’école, parce qu’il y a une propagande négative autour des logiciels libres qui est certainement financé par les logiciels propriétaires, nous sommes majoritairement standardisés dans un moule semble-t-il rassurant, puisque institutionnalisé.

Pourtant, les logiciels libres n’ont attendu personne, ils continuent leurs développements avec chaque jour un peu plus d’utilisateurs qui ont décidé de sortir du cadre prémâché, prédigéré pour eux.

Le changement de l’organisation pyramidale à l’organisation holomidale semble être un processus long et certainement fastidieux  mais il est déjà en marche du fait du développement des économies horizontales mais aussi d’une mutation progressive de l’Internet vers une décentralisation de ses applications grâce au peer to peer et à la technologie blockchain qui réorganisent tous deux, nos moyens d’organisations et de coordinations de manière décentralisée et avec efficience.

 

Adaptation des entreprises ?

D’ailleurs, même les entreprises et particulièrement les multinationales s’en rendent bien compte. Elles tentent de se réadapter par des techniques de management plus horizontales ou par des campagnes essayant de replacer le bon sens au cœur de leurs produits comme récemment Goldman Sachs qui est passé du statut de banque à celui d’entreprise « high teck » Les entreprises, aussi, font face à un blocage socio-technique, puisque elle place le profit et la satisfaction des actionnaires devant le sens et l’Humain, du fait de la mécanique monétaire que nous utilisons et sa propension à tout standardiser.

 

 

Cette mutation sociétale de notre organisation est encore à ses prémices du fait qu’elle ne peut qu’utiliser, à ce jour, une mécanique monétaire inadaptée puisque pyramidale. Une autre structure et d’autres moyens de mesurer nos échanges, impliquant les formes de l’intelligence collective holomidale et des économies horizontales, accélèreraient son développement. Une autre mécanique monétaire, horizontale nous libèrerait des contingences sociotechniques qui nous dominent.

 

Mécanique monétaire plus juste

Alors, quelle mécanique monétaire permettrait l’hégémonie d’une intelligence collective holistique ?

Tout d’abord, que la mécanique monétaire soit privatisée est en soit un problème. Un outil de mesure ne peut être la propriété de quelques-uns sans créer un contexte arbitraire. Une mécanique monétaire qui mesure les interactions entre les êtres humains, indépendamment de toute forme hiérarchique ou de domination doit être considérée comme un bien commun, de la même façon que le mètre mesureur mesure les distances et qu’une balance mesure le poids. Imaginez qu’il faille payer un banquier à chaque fois que nous souhaitons mesurer sa propre taille ou son propre poids. Une mécanique monétaire considérée comme un bien commun permet d’éviter qu’il y ait des producteurs d’unités de mesure comme des cacahuètes et les autres qui en sont dépendants. Une monnaie considérée bien commun est soit centralisée, soit elle fait en sorte que tout le monde peut être producteur de cacahuète, la monnaie est ainsi considérée, dans cette dernière forme d’émission, comme neutre puisqu’elle n’avantage personne.

Par ailleurs, que la monnaie soit émise de manière négative est aussi un problème, car même si la monnaie est un bien commun, que tout le monde peut en produire, tels les kilos grammes qui constituent la mesure du poids, si les unités de mesure doivent être remboursées cela influe sur la valeur de la mesure. Imaginez que nous soyons obligés d’emprunter des kilos grammes à notre voisin pour connaître notre poids, il n’y aurait plus personne qui prendrait du poids durant l’hiver ou qui souhaiterait même, constater son propre poids. La monnaie comme tout instrument de mesure doit être positif s’il est un moyen d’observation neutre.

En revanche, la monnaie ne peut être émise au bon vouloir des uns et des autres et sans limite, comme tout instrument de mesure, elle doit avoir un référentiel commun pour être comprise partout de la même façon, une distance qui serait mesurée en nombre de pas, serait divergente de ceux qui ont des petites jambes ou de ceux qui en ont des grandes. Un référentiel commun pour mesurer les interactions entre les êtres humains suppose de définir comment se distribue la monnaie équitablement à tous et avec quelle limite afin d’en déterminer objectivement les valeurs de références.

 

De la même façon qu’un degré Celsius est comparable à un degré Fahrenheit ou qu’une distance métrique est convertissable en mile marin, une mécanique monétaire, qui mesure les interactions entre les hommes, peut calculer différentes formes d’interactions qui leur appartient de définir eux-mêmes comme autant d’aspiration personnelle. Il s’agirait alors de libéraliser la monnaie afin d’éviter toute définition arbitraire de ce qui est valeur économique ou non, c’est-à-dire de permettre à ceux qui le souhaitent de créer leur propre monnaie, définissant ainsi plusieurs zones économiques entremêlées. Les biens et services peuvent être échangés contre des cacahuètes, des pissenlits ou des groseilles du moment que ces monnaies sont établies à partir d’un référentiel commun, elles peuvent être échangeables par une simple conversion.

 

En outre, une mécanique monétaire et ses monnaies, potentiels de l’intelligence collective holomidale, ne seraient être produites ou gérées de manière centralisée, à un seul endroit, qu’il soit matériel ou numérique, sans faire appel à une coordination pyramidale. Un outil de mesure neutre avec absence de hiérarchie s’accomplit par une coordination horizontale et décentralisée à l’image du fonctionnement d’Internet, plaçant tout le monde, sans condition particulière, à égalité constante. Une coproduction et une cogestion commune des monnaies impulseraient une symétrie monétaire, c’est-à-dire une production et une distribution égalitaire.

 

Egalement, s’il y a plusieurs zones économiques entremêlées, comme c’est le cas avec la monnaie dette actuellement, la mécanique monétaire doit parer à des fuites monétaires. C’est-à-dire à la monnaie qui s’échappe de sa zone économique, soit par capitalisation, soit par évasion. Puisque des unités de compte s’échappent, pour éviter tout assèchement monétaire, il est nécessaire d’appréhender ce phénomène. Aujourd’hui se sont les taxes et impôts qui sont utilisés pour  en réguler ces effets. Sachant qu’il est facile pour certains de s’y soustraire et qu’il est parfois difficile de payer des impôts, il est préférable d’imaginer une production et une distribution constante de la monnaie dans sa mécanique monétaire, qui appréhende le phénomène d’asséchement monétaire en incluant une émission permanente de la monnaie, plutôt que de compter sur la fiscalité pour le résoudre.

 

Mais encore, afin d’éviter qu’il y ait variation du prix de la monnaie, impactant tous les autres prix, il est important de définir une valeur objective à la monnaie, de la même façon qu’à 0°C l’eau gèle et à 100°C l’eau bout. C’est-à-dire que la valeur de la monnaie ne dépend pas de la perception vis-à-vis d’un marché de l’offre et de la demande dont la valeur serait fluctuante mais qui inclut une observation relative. Une valeur qui est définie en fonction de la masse monétaire totale et du nombre de participants à la monnaie par exemple, établirait une référence invariante de la valeur de la monnaie, garantissant ainsi aucune influence ni variation des autres prix du fait de la monnaie, et fixerait une valeur objective de référence à l’outil de mesure que constitue la monnaie.

 

S’il y a une émission constante de la monnaie que celle-ci est co-produite et qu’elle est également co-distribuée à tous les participants de la zone monétaire, au même titre que la rémunération des banques commerciales sur les crédits bancaires, cela constitue un revenu en dividende universel, c’est-à-dire une rémunération pour participer à la co-création de la monnaie et son développement. Ce revenu régulier assuré, permettrait alors, de sortir de l’économie de marché exclusive et de la nécessité du travail marchand, en allouant une ou plusieurs sources de monnaies. Chaque participant, libéré de la contrainte de recherche du profit, touchant une rétribution pour son propre développement personnel, ferait face aux choix : soit d’augmenter son propre confort en continuant de participer à l’économie de marché, soit de créer et de construire les aptitudes liées à ses aspirations personnelles, participant ainsi, à l’économie contributive, de don contre-don ou toutes autres formes économiques, sans pour autant mettre de côté son propre confort. Les notions de biens communs en seraient certainement ravivées tout en préservant la liberté de l’individu. Une telle mécanique monétaire ouvrirait les échanges économiques à tous les potentiels à l’image de la structure holomidale qui s’appuie sur la perception et la volonté de tous à se coordonner.

 

En créant des monnaies qui soient positives, à valeur invariante puisque fixée à la base dans les critères d’émission monétaire, nous produisons un système monétaire solide et durable. La monnaie n’est plus à valeur fluctuante et donc soumise à des crises systémiques, elle place les interactions humaines au centre, dans des perspectives à longs termes. Cette coordination monétaire, de par sa forme, deviendrait donc, un outil de mesure mais surtout, de prospective, essentielle, au développement de nos sociétés et à leurs durées.

Par ailleurs, ce type de monnaies a aussi une forme qui promeut la paix. Si la monnaie dette développe l’enrichissement par l’écrasement d’autrui afin d’accaparer sa part monétaire, la conduite des entrées et sorties des personnes dans une zone économique à monnaie neutre, positive et symétrique, est tout autre. Dans le système monétaire de la monnaie dette, la masse monétaire totale doit être partagée par l’ensemble de la communauté économique, tel un gâteau. Ainsi lorsque une nouvelle personne rentre dans cette zone monétaire, elle est tout de suite soumise à une concurrence afin de s’accaparer une part du gâteau essentielle à sa subsistance ou d’augmenter son volume par une promesse de servitude.  De même, l’élimination des personnes de la zone économique est encouragée par le système monétaire, puisque des personnes en moins sont autant de parts de gâteau en plus pour les autres. C’est ainsi, dans son essence, que le système monétaire de la monnaie dette de l’organisation pyramidale est destructeur de vie.

En revanche, une monnaie neutre, positive et symétrique, est antonymique d’une monnaie dette puisque elle encourage les entrées dans la communauté économique. Comme une part de gâteau monétaire est ajoutée par co-création de la monnaie à chaque nouvelle entrée et diminuée d’autant à chaque sortie, cela garantit une masse monétaire indexée sur le nombre de participants. Ainsi, à l’image d’une structure holomidale, la monnaie neutre, positive et symétrique développe la vie, puisque la structure holomidale et ce système monétaire en sont tous deux dépendants pour exister.

 

Créer une nouvelle forme monétaire adaptée à l’organisation holomidale suppose d’imaginer un pont, une transition. Quelque chose qui permet à tous d’utiliser le système monétaire de la monnaie dette tout en choisissant de développer de nouvelles formes monétaires. D’ailleurs nous ne pouvons effacer les dettes contractées puisque les banques commerciales nous les ont revendues à nous, les travailleurs, au travers de notre épargne. Nous devons donc créer les conditions d’échanges entre la monnaie dette et les nouvelles monnaies favorisant l’intelligence collective holomidale.

 

D’ailleurs, lorsque la monnaie est créée par les banques et par la dette : c’est le travail futur de chacun qui garantit la monnaie. C’est chacun de nous qui garantit la dette que nous avons envers les émetteurs bancaires, personne ou rien d’autre. Quand les banques nous menacent de faire faillite  c’est l’État et les détenteurs de dépôts bancaires, vous et moi, qui les renflouent, c’est-à-dire indirectement et directement NOUS.

Donc c’est bien nous, les Agents Non-Bancaires, qui sommes in fine, les seuls responsables, les seuls garants, de notre monnaie. Ainsi, le fait de créer et de distribuer la monnaie non plus par le crédit bancaire, mais par de la monnaie sans dette, positive, au profit de chaque citoyen à parts égales, ne change absolument rien : la garantie de la monnaie, c’est toujours notre travail, notre créativité et nos productions futures.

Comme le démontre ALGOR, s’il est possible d’attribuer un prix à tout, que cela a pour effet de garantir, d’affirmer, d’assurer n’importe quoi, de le faire exister, pourquoi n’y-a-t-il pas une valeur honorifique, à l’existence, à la vie humaine à ce qu’elle accomplit ?

C’est-à-dire, que la vie humaine et ce qu’elle accomplit puisse être honorée et ainsi garantie par une valeur inflexible. Indexer des nouvelle monnaies, neutres, positives et symétriques sur l’existence humaine aurait pour effet d’affirmer son importance, d’assurer la préservation de la vie mais aussi d’ouvrir les potentiels à toutes les formes économiques. La vie est un étalon équitable à tous, renouvelable au fur et à mesure des générations et donc, durable. Ces nouvelles monnaies seraient alors, des actifs indexés sur la vie humaine à valeur invariante. Cela ne veut pas dire, pour autant, qu’il serait possible de détenir des humains mais bien, d’échanger des biens et services, y compris de la monnaie dette contre des actifs de ces nouvelles monnaies. Ces actifs représenteraient chacun, des aspirations d’existences humaines et ainsi, ils pointeraient ce qui est positif en nous, comme autant de valeurs différentes, à l’image des diversités et des richesses issues de l’intelligence collective holomidale.

 

Wall street et actif numérique – blockchaine

D’ailleurs, wallstreet a bien compris les enjeux issus des nouvelles technologies.

La technologie open source blockchaine en est le parfait exemple. Elle est née du projet bitcoin, un réseau de transaction novateur et une monnaie cryptographique privée décentralisée appelée bitcoin, créée en 2008 et ayant une valeur estimée à 6 Milliards de dollars aujourd’hui. Toutes les transactions sont vérifiées par les nœuds du réseau et enregistrées dans un registre public et infalsifiable appelé blockchaine ou chaine de bloc. C’est la banque Goldmansachs qui, en premier, a annoncé vouloir mettre en place une monnaie digitale utilisant la blockchaine pour leur transaction interne. Mais dernièrement, au mois d’avril, l’entreprise « chain » a présenté à wallstreet, un logiciel utilisant la technologie blockchaine comme outil de paiement. Celui-ci permettrait des transactions immédiates à l’encontre des transferts de monnaie de compte à compte ou de banque à banque qui prennent parfois du temps. Mais surtout, il permettrait la création d’actif numérique instantanément l’ouverture d’un commerce. Si Nasdaq, citigroup, Visa et d’autres s’intéressent à ces nouvelles perspectives technologiques c’est que les actifs numériques représentent une perspectives de profit importante. Dès lors, puisque nous garantissons avec notre travail, notre créativité, et nos productions futures la monnaie et les actifs qui la composent ou qui sont connexes, autant émettre nous-même la monnaie et les actifs qu’elle représente.

 

Economie libre

Par ailleurs, dans une société où les gains sont privatisés et les pertes socialisées, où les interactions économiques sont faussement nommées libérales, puisque l’économie est privée, qu’elle serait une économie réellement libre ?

En s’inspirant des fondements des logiciels libres, cela supposerait d’exercer 4 libertés constituantes :

 

Liberté 0 : L’individu est libre du choix de son système monétaire.

Liberté 0 : L’individu est libre du choix de son système monétaire.

0 : Que l’’individu soit libre du choix de son système monétaire

, le Système d’Echange Local « JEU » au Canada, tous bâtis selon des règles très différentes. Citons dans le temps la modification d’un même système monétaire d’une base de référence matérielle (étalon or) à une base de référence immatérielle (réserves fractionnaires).

Les exemples précédents ou encore le WIR Suisse, le Chiemgauer Allemand sont bâtis selon des règles très différentes. De même la monnaie dette a muté de l’étalon or à aujourd’hui, une base de référence totalement immatérielle. Nous devons donc pouvoir choisir le système monétaire et les règles qui le composent à notre convenance.

 

1 : Que l’individu soit libre d’utiliser les ressources

Cela signifie étant donnée l’utilisation de certaines ressources, quelles qu’elle soient, qu’il doit soit rester des ressources disponibles en nombre et qualité suffisantes pour les autres individus, soit qu’il existe une compensation pour leur restriction d’usage aux autres personnes.

 

2 : Que l’individu soit libre de produire toute valeur.

Économiquement, ce principe aboutit au fait que seule, la base des individus eux-mêmes est légitime à produire et définir toute valeur.

 

3 : Que l’individu soit libre d’échanger « dans la monnaie ».

Cela signifie qu’il est possible de comptabiliser, chiffrer, calculer, afficher, dans l’unité monétaire que l’individu a choisi et conforme au système monétaire adopté.

Ainsi un individu qui voudrait voir afficher, compter, calculer tous les prix de toute chose, affiché où que ce soit, dans sa propre monnaie librement choisie, peut appliquer une telle transformation très facilement, à l’aide d’un programme informatique faisant ce travail au besoin.

Ainsi un individu qui voudrait voir afficher, compter, calculer tous les prix de toute chose, affiché où que ce soit, dans sa propre monnaie librement choisie, peut appliquer une telle transformation très facilement, à l’aide d’un programme informatique faisant ce travail au besoin.

Un individu qui voudrait voir afficher, compter, calculer tous les prix de toutes choses affichées où que ce soit, dans sa propre monnaie librement choisie, peut appliquer une telle transformation très facilement, à l’aide d’un programme informatique faisant ce travail au besoin.

 

 

TRM

 

En novembre 2010, Stephan LABORDE, publiait la THEORIE RELATIVE de la MONNAIE, une application mathématique de la mécanique monétaire. Un livre disponible en téléchargement sur créationmonétaire.info.

La TRM se fonde sur le principe de relativité économique, qui établit que tout être humain définit un référentiel légitime pour estimer et produire tout type de valeur économique, connue ou inconnue par autrui.

Autrement dit, Il n’y a pas de valeur économique absolue, pas d’être humain, ni de banque, ni d’état qui soit légitimement en mesure de définir ce qui est valeur ou non-valeur économique pour les autres êtres humains, ni dans l’espace (entre les êtres humains présents), ni dans le temps (entre les êtres humains distant dans le temps).

Ce sont les êtres humains qui caractérisent l’espace-temps.

Lorsqu’ils font partie d’une zone économique donnée, quelle qu’elle soit. Qu’importe le facteur économique, il y aura toujours une zone économique. En revanche, sans êtres humains, il n’y a plus d’observateur ni d’acteur d’une zone économique donnée, il n’y a ainsi, plus de zone économique. C’est donc l’homme qui est le seul fondement invariant de toute économie. L’espace défini ainsi, l’ensemble des individus à un moment donné.

Les êtres humains ne sont pas absolus puisqu’ils sont d’une durée de vie moyenne limitée, des naissances remplacent les morts et assurent ainsi, le renouvellement dans le temps des hommes. Ce phénomène de succession du remplacement des individus dans la durée caractérise la notion de Temps dans la TRM.

L’espace-temps se définit ainsi ici dans le raisonnement de la TRM.

Une monnaie est une valeur économique de référence qui permet d’établir une métrique commune, pendant un temps donné et pour une zone monétaire donnée. Les monnaies constituent une valeur de référence indépendante de l’accord entre les individus sur les valeurs économiques, puisque les humains sont le vecteur de toutes économies.

Une zone monétaire se définit par l’ensemble des individus qui ont adopté cette même monnaie, une même zone monétaire peut ainsi être composée de plusieurs monnaies.

Une monnaie est alors dite « libre » s’il s’agit d’une valeur de référence valide pour une métrique qui ne se repose ni sur un arbitraire de décision quant à ce qui est valeur économique ou non, et qui ne se produit préférentiellement pas pour certains, ni dans l’espace ni dans le temps.

La monnaie libre est en soit une unité comptable, parce qu’elle est la référence invariante de ce qui est mesuré.

 

La production de monnaie libre est la même pour tous les individus participant à cette monnaie pour un instant t donné, cette production relative est indépendante du temps. Il ne faudrait pas que les premiers arrivés soient les premiers servis, comme avec le bitcoin, ou encore, que les plus âgées soient avantagés sur les plus jeunes. Nous parlons alors, de convergence moyenne de production de monnaie dans le temps. Puisque l’Homme est le fondement invariant de toute économie, il en est le vecteur d’une monnaie libre au travers de son espérance de vie. Ainsi la production d’une monnaie qui respecte le principe de relativité dans l’espace et dans le temps se définit par un taux de croissance symétrique annuel. Celui-ci est nécessaire afin d’appréhender dans la coproduction de monnaie, les phénomènes d’entrées et de sorties dans la communauté économique comme les naissances ou bien les morts.

Celui-ci est calculé sur la base de l’espérance de vie moyenne des Hommes dans un espace donné afin d’obtenir à un instant t une moyenne de convergence de production monétaire.

Le taux de croissance symétrique annuel d’une monnaie libre pour la France par exemple est de 9.22%. Avec ce taux de croissance, à l’âge de 40 ans tous les usagers d’une communauté économique de monnaie libre en France, auront coproduit la même quantité moyenne de monnaie.

La production monétaire en quantité invariante à la date t se nomme le dividende universel – DU.

Il y a deux manières d’observer une monnaie libre, soit par une approche quantitative on parlera alors d’unité quantitative, cette observation est la plus commune car nous l’utilisons pour l’euro par exemple. Soit il possible d’observer une monnaie libre en relatif, c’est-à-dire en part de co création monétaire à un instant t ou, de dividende universel. Cette manière d’observer une métrique monétaire est également valable pour l’Euro ou toutes autres monnaies. Elle permet d’analyser en part, la répartition ou la distribution monétaire dans la communauté économique, on parlera alors d’unité relative, en nombre de DU par exemple. Ces deux façon de visualiser la monnaie, en quantitatif ou en relatif sont à distinguer dans la compréhension des monnaies libres, ils constituent deux référentiels distincts.

Ainsi, en quantitatif :

Le Dividende universel, c’est-à-dire ce que chacun des membres d’une communauté économique en monnaie libre perçoit à une date t, est calculé comme suit : DU= c(M/N)

C’est-à-dire le taux de croissance *la masse monétaire par individu. Le DU s’exprime alors en unité monétaire.

Prenons un exemple :

Imaginons une communauté économique. Afin de simplifier l’exemple, disons qu’elle se compose de trois agents économiques. Donnons-leur des prénoms pour les imaginer. Disons, Hadrien, Didier et Maxime. Hadrien et Didier ont créé la communauté économique pour leurs besoins réciproques, ils ont déjà comptabilisé un certain nombre d’échanges et possèdent ainsi chacun des unités dans leur compte. Ainsi, Maxime les rejoint car lui aussi souhaite échanger des biens ou des services avec Hadrien et Didier.

Hadrien possède 10 000 unités et Didier 2000, quant à Maxime son compte est pour le moment à zéro. La masse monétaire, c’est-à-dire la totalité des unités de la communauté économique est la somme de ce que possèdent ses participants, soit 12 000 unités.

Lorsque à l’instant t la monnaie croit, disons chaque année pour considérer l’alternance des saisons, facteur de stabilité sociétale, par effet de synchronisation [source]. La quantité qui est créée par individu se calcule de la manière suivante : c*(M/N) Disons qu’ils ont choisi un taux de croissance annuel à 9,22%

9,22% (12 000/3) soit à l’arrondi 369 unités que Hadrien, Didier et Maxime vont chacun percevoir.

La masse monétaire croit de 1106 unités à l’instant t

L’année qui suit la masse monétaire croit de la même façon : c*(M/N)

9.22% (13106/3) soit 403 unités pour chacun des membres à l’instant t.

Et ainsi de suite chaque t années.

Il serait facile de croire que ce type de monnaie est inflationniste du fait que la monnaie croit elle se dévaluerait. Mais d’un point de vue quantitatif, cette affirmation est erronée du fait que chaque membre de la communauté économique perçoit, de par son concours, une part égale d’unités créées. Ainsi, il ne peut y a voir d’agent économique désavantagé du fait de la création de monnaie, qui subirait une augmentation des prix.

 

Du point de vue relatif, on parlera en nombre de dividende universel – dans ce dernier référentiel on ne parle plus d’unités quantitatives mais d’unités relatives ou encore en nombre de part créées.

On peut constater alors en reprenant l’exemple précédent, la convergence de tous les acteurs économiques, sans distinction d’âge ou de privilège d’appartenance à la communauté, vers la masse monétaire moyenne.

[Graphique] – version monnaie en relatif ( la TRM en couleur).

 

Notons enfin que la nature équitable [*] de la TRM n’est pas d’ordre moral mais économique.

Les monnaies libres se développent sur le modèle de l’économie contributive, en open source, en rassemblant des personnes aux compétences variées, aussi bien dans les nouvelles technologies comme la blockchaine que dans l’ingénierie sociale et économique. Le projet DUNITER ouvre l’humain à de nouvelles perspectives.

 

 

Théorie relative de la Monnaie : http://trm.creationmonetaire.info/index.html

 

la TRM en couleur

 

http://fr.duniter.org/

 

 

 

Economies –

Si l’économie de marché est devenue prédominante dans nos sociétés il n’en reste pas moins que nous utilisons tous les jours plusieurs formes économiques dans la conduite de nos relations.  Il est possible de les classifier en deux catégories. Les économies de hiérarchie et les économies horizontales.

Les économies de hiérarchie suggèrent une domination dans les interactions entre les êtres humains. On y retrouve l’économie de marché et sa monnaie qui endette ou encore, l’économie collaborative qui utilise le même outil de mesure. Il existe aussi l’économie du crédit mutuel qui offre à tous les participants la possibilité de prêter un bien ou un service lorsqu’on leur demande et qui leur sera rendu ultérieurement sous la même forme ou une autre par l’emprunteur.

Dans les économies horizontales, il y a l’économie du don contre-don et l’économie contributive, précédemment décrites, mais aussi l’économie du don ou de la grâce qui, consiste à offrir quelque chose sans contrepartie particulière.

Les monnaies libres définies par la théorie relative de la monnaie propose une solution technique pour mesurer les interactions entre les êtres humains lorsque cela est nécessaire, indépendamment des économies que nous choisissons, mais elles innovent aussi, une nouvelle forme économique, qu’il serait possible de qualifier de, distribuée. Elles offrent, en effet, un outil de mesure neutre et symétrique qui permet à chaque être humain, personnellement ou collectivement, de valoriser ce qui pour lui ou, pour eux, est valeur économique. Les monnaies libres nous octroient le choix des systèmes économiques ou plus spécifiquement, elles libèrent les relations humaines que nous voudrions.

Quelles pourraient être les applications de ces monnaies libres dans notre vie courante ?

 

Voici Laé… […]

 

Laé à 3 enfants : Juju, Zozo et doudou.

Laé travaille dans une école mais son emploi l’ennuie, elle passe ses journées à faire du découpage et du découpage et du découpage, elle compense le manque de moyens de l’école au prix de son cœur de métier, l’accompagnement des enfants en milieu scolaire.

Laé a une passion, faire plaisir.. Et comme elle est douée pour faire toutes sortes de pâtisseries et d’entremets, elle passe une partie de son temps libre, à imaginer et concocter des gourmandises au grand bonheur de ses enfants, Juju, Zozo et doudou.

 

Laé a entendu parler des monnaies libres à la sortie de l’école. Elle s’est renseignée et sait que dans sa ville, il existe une monnaie libre appelée « le petit sou » et que cette monnaie promeut la consommation en circuit court. Elle décide s’y inscrire ainsi que ses enfants Juju, Zozo et doudou.

 

Pour ce faire, elle se saisit de son ordinateur, elle doit passer la toile de confiance, une formalité qui atteste qu’elle et ses enfants sont bien vivants, en chair et en os, bref que ce ne sont pas des machines. Par la confirmation d’autres utilisateurs de petit sou elle intègre le réseau. Laé et ses enfants deviennent ainsi des co-créateurs de petit sou. Chacun possède un portefeuille qui sera géré pour le moment par Laé, la maman.

Ces portefeuilles ou ces comptes s’ approvisionnent tout seul puisque le petit sou est une monnaie libre, la masse monétaire augmente d’autant de parts que d’individus de la famille de Laé inscrits dans le réseau, soit 4 personnes, donc 4 parts co créées et qui seront co-distribuées dans les portefeuilles de Laé, Juju, Zozo et Doudou, tous les mois.

 

Laé qui a envie d’utiliser cette nouvelle monnaie se rend donc chez un commerçant qui accepte « le petit sou ». Celui-ci, fidèle à la charte promue par cette monnaie libre, propose des produits alimentaires issus strictement de circuit court en coopérative de production et de distribution. Les prix sont affichés non pas en unité de compte mais en relatif, de la même façon qu’un kilo de tomates vaut 3€. Chez son commerçant Laé découvre le prix des céréales exprimé en Dividende Universel, c’est-à-dire en part de ce que chaque membre du réseau de petit sou perçoit.

Ainsi, avec ce prix affiché en relatif, Laé pourra constater l’évolution précise du prix des céréales dans le temps, puisque celui est invariant de la monnaie car indexé sur le DU qu’elle-même perçoit.

 

Le commerçant, Jean Jean, doit reverser à l’Etat la part correspondante de TVA et il doit également, s’acquitter de divers impôts. Il pouvait choisir de faire payer la TVA et la part d’impôt correspondante par ses clients en Euro, devise officielle. Mais Jean Jean, a décidé de laisser l’administration déterminer la valeur fiscale du petit sou qui est un actif comptable. L’administration détermine une valeur à l’actif et elle demandera à Jean Jean de lui rétrocéder la part de TVA et d’impôts correspondants.

 

Laé, ne peut se passer de l’Euro, pas encore. Elle doit payer les traites de son crédit pour la maison qu’elle a achetée. Même s’il est trop tôt pour définir avec exactitude les modalités de change entre les devises officielles et les monnaies libres, il est très probable que cela puisse se faire. Du fait que : un bien ou un service peut s’échanger contre de l’euro, une monnaie locale complémentaire, un autre bien ou service, une promesse de remboursement et bien sûr, une monnaie libre, cela sous-tend les potentiels de conversions dans telle ou telle valeur de change selon la volonté , la confiance réciproque des Hommes et les référentiels qu’ils adoptent. Ainsi, par l’interchangeabilité des monnaies, Laé se libérera de l’usage de monnaie dette et ainsi de la contrainte d’un travail marchand.

 

Comme son truc à Laé c’est de faire plaisir et, qu’elle est douée en pâtisserie, elle se dit qu’il y a certainement quelque chose à faire. Vendre des pâtisseries c’est ce qu’elle choisirait de faire si elle devait chercher des revenus mais comme elle perçoit une part de dividende mensuel, elle peut définir d’autres perspectives à son projet. Ainsi, Laé veut faire des pâtisseries sans pour autant mettre de côté ce qui lui plait avec les enfants, partager le savoir. Laé va pouvoir créer son propre laboratoire de pâtisseries où elle animera des ateliers découvertes.

Au bout d’un certain temps, Laé a développé une petite communauté autour de ses créations et de ses ateliers. Elle partage des recettes et parfois en modifie quelques-unes pour les améliorer.

Avec des amis, elle se dit qu’ils pourraient créer une monnaie libre pour encourager le savoir-faire culinaire auprès des familles. Elle participe donc à déterminer un projet de monnaie qui valorisera, à la fois, le savoir et le partage autour de la cuisine et de la pâtisserie en en mesurant les échanges. Utiliser cette monnaie promouvra la pratique et le savoir-faire de la cuisine à la maison.

 

Les étapes :

– informatique : à l’aide de DUNITER et de ses amis, elle définit les caractéristiques de cette nouvelle monnaie qu’elle crée, monnaie cuisine. Les protocoles informatiques étant indiqués sur plusieurs tutoriels, créer cette monnaie n’est qu’une simple formalité.

–  Tout en conduisant ses ateliers de pâtisserie elle développe un réseau et trouve des partenaires qui acceptent de mesurer les échanges autour de la pratique et du savoir-faire culinaire à la maison. C’est ce réseau qui constitue la force de la monnaie en la faisant exister, pour un temps.

 

Les co-investissements en monnaies libres dans les projets collectifs – interactions inter-humaines

En se promenant sur Internet, Laé découvre un projet collectif dans un village de sa région. Il s’agit de la construction d’un four à pain à usage partagé pour promouvoir l’économie low tech (une économie privilégiant l’usage et la durabilité des choses dans une forme de propriété partagée. Le projet est porté par un collectif qui propose de co-investir en monnaie libre. Comme Laé dispose de plusieurs comptes en monnaies libres, elle décide de participer et offre une partie de son DU en monnaie cuisine à ce projet. Lorsque le four sera construit, elle se rendra auprès de ce collectif faire de nouvelles rencontres.

 

Pour « les gros achats » crédit vendeur ou coopérative de crédit.

Dans le cadre de ses ateliers Laé a besoin d’un nouveau robot, c’est un achat important qu’elle ne peut s’offrir en le payant en une seule fois. Comme tous les mois elle reçoit un DU, il lui est possible de faire cet achat en contractant un crédit directement auprès d’un vendeur de robot. C’est un crédit vendeur dont le montant et la durée sont négociés de gré à gré entre l’acheteur et le commerçant.

L’acheteur peut ainsi s’offrir ponctuellement des achats importants en cédant une part de son DU tous les mois. Le commerçant lui, profite dans le temps, d’une part de DU indexé chaque mois sur la masse monétaire. Ainsi, l’étalonnement de la valeur du bien qu’il cède est relatif, c’est-à-dire, que sa valeur exprimée en monnaie libre suit l’évolution de la masse monétaire totale, durant toute la durée du crédit vendeur. Pour exemple :

Aujourd’hui, si un commerçant automobile vend une voiture 20 000 €, intérêts compris, en crédit vendeur. Que les traites mensuelles sont de 416 € sur 48 mois. Si la masse monétaire de l’Euro augmente dans le même temps de 10% par an, les 416€ d’aujourd’hui ne valent pas 416€ dans 12 mois  mais bien 10% de moins. Le commerçant est donc gagnant d’effectuer des crédits vendeurs pour écouler ses produits en DU.

 

Les perspectives pour Laé, juju zozo et doudou ou pour nous tous sont encore nombreuses à dessiner. Puisque les monnaies libres sont des potentiels positifs de développement de nos sociétés qui ne demande, rien d’autre, que de s’en saisir. Elles peuvent être utilisées pour tous les usages que nous imaginerions dans la conduite et le développement des relations humaines.

 

Faire le choix de la monnaie libre c’est décider d’agir sans attendre personne ni institution.

 

Les monnaies libres sont les potentiels de demain. Un outil émancipateur qui place l’homme au cœur de l’économie. Elles laissent entrevoir des perspectives positives emplies de sens que chacun d’entre nous peut enfin proposer.

Elles rendent obsolète un système monétaire et un monde économique bâti sur la Loi du plus fort et l’arbitraire.

Les monnaies libre nous offre du temps, elles placent les relations humaines dans un esprit de confiance, permettant de se demander ce qu’il est possible de faire ensemble en en mesurant les échanges que nous souhaiterions observer et faire exister.

Les monnaies libres sont la décision de vivre libre, encensant l’avenir déjà aujourd’hui.

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